Lollapalooza passe à la vitesse supérieure en 2026 : tout ce qu’on a adoré cette année
De la performance sans doute la plus marquante de la carrière de Charli XCX, qui a présenté Music Fashion Film au monde en grande pompe, au rare DJ set surprise de Little Simz à Hacienda PATRÓN, chaque artiste a donné le meilleur de lui-même lors du festival annuel de Chicago. Quatre jours qui pourraient bien faire de Lollapalooza le meilleur festival de l’année.
Lollapalooza passe à la vitesse supérieure en 2026 : tout ce qu’on a adoré cette année
De la performance sans doute la plus marquante de la carrière de Charli XCX, qui a présenté Music Fashion Film au monde en grande pompe, au rare DJ set surprise de Little Simz à Hacienda PATRÓN, chaque artiste a donné le meilleur de lui-même lors du festival annuel de Chicago. Quatre jours qui pourraient bien faire de Lollapalooza le meilleur festival de l’année.
La saison des festivals touche à sa fin, et Lollapalooza fait partie de ces rendez-vous qui marquent les derniers jours de canicule. Chaque année, ce festival de quatre jours investit Grant Park, à Chicago, entre fin juillet et début août, pour l’un des événements musicaux les plus attendus d’Amérique du Nord. À l’image de Coachella en avril et de Bonnaroo en juin, Lolla se distingue en restant l’un des rares festivals à durer quatre jours entiers. Mais en 2026, le festival de Chicago a particulièrement placé la barre haut, au point de sérieusement tenir tête à Coachella.
Pour commencer, la programmation de cette année a imposé sa force sur quatre jours. Portée par un véritable Mount Rushmore de pop girls — Lorde, Charli XCX, Olivia Dean, JENNIE et Tate McRae — l’affiche réunissait ces artistes à des moments particulièrement charnières de leur carrière.
Tout juste après sa première sortie post-brat, Charli XCX est arrivée à Chicago prête à jouer pour la première fois en live son nouvel album Music Fashion Film. Pour Lorde, il s’agissait de sa toute première fois en tête d’affiche de ce festival tant convoité : lors de son premier passage à Lolla, douze ans plus tôt, les intempéries avaient interrompu son set après quatre morceaux. Après une année particulièrement faste, Olivia Dean décrochait elle aussi sa première place de tête d’affiche dans un festival américain. JENNIE et Tate McRae sont toutes deux en pleine campagne autour de leur album : tous les regards étaient tournés vers la star de K-pop, devenue la première artiste solo coréenne à être tête d’affiche du festival, et vers la princesse de la pop canadienne, qui continue de distiller, sans grande discrétion, des indices sur son nouveau projet. Parmi les autres noms pop à retenir : Slayyyter, MUNA, Zara Larsson, ADÉLA et beabadoobee.
Lil Uzi Vert — avant l’annulation de son set — était également un choix de taille, le rappeur préparant une sortie au long cours. Little Simz était une autre artiste que nous attendions particulièrement : la rappeuse britannique a finalement assuré, à la dernière minute, un DJ set surprise à Hacienda PATRÓN. Ce moment rare et intimiste, au cœur de Grant Park, est sans doute ce que beaucoup auront eu de plus proche avec Simz. Dev Hynes a fait escale à Chicago pour Lolla au milieu d’un été chargé en concerts, tandis que Leon Thomas est passé le jour de son anniversaire, accompagné de Babychiefdoit.
Aux côtés des têtes d’affiche, les talents émergents du monde entier sont également mis en lumière, sur la programmation officielle comme en marge de celle-ci. WHATMORE, groupe new-yorkais de cinq musiciens, a apporté son ADN NYC incontestable dans le Midwest, tandis que Love Spells, Wolf Alice et Ecca Vandal figuraient aussi au programme. À Hacienda PATRÓN, une sélection de DJ locaux de Chicago s’est relayée aux platines tout le week-end pour passer des vinyles.
Mais le festival ne se résume évidemment pas à la musique : une foule de marques, d’activations et d’adresses locales s’installent sur le site — qui, à la différence de presque tous les autres festivals, se tient en plein cœur de la ville. Et c’est sans doute là tout son charme : où que l’on regarde, la skyline de Chicago sert de décor.
À Lollapalooza, chaque artiste a sorti le grand jeu, faisant de l’édition 2026 une prétendante très sérieuse au titre de meilleur festival de l’année. Des looks haute couture sur mesure aux collaborations sur scène, en passant par les sets les plus marquants, voici tout ce que nous avons aimé à Lollapalooza 2026.
Little Simz en B2B : de la scène au DJ set
View this post on Instagram
Il n’y a que Little Simz pour faire paraître deux performances en festival dans la même journée aussi simples. La nouvelle ambassadrice Miu Miu enchaîne à un rythme effréné cet été, alternant dates de tournée et festivals, de Primavera à Barcelone à Osheaga à Montréal. Lollapalooza marquait sa première escale américaine de l’été, et elle a vu grand. Jeudi, Simz a d’abord livré l’un des sets les plus captivants et énergiques des quatre jours, avant d’annoncer un DJ set surprise à Hacienda PATRÓN. Devant un public restreint, au sein de l’activation immersive PATRÓN x Live Nation, Simz a passé des vinyles et démontré l’étendue sans limites de son registre, mêlant Keinemusik à Drake et Central Cee. Deux énergies radicalement différentes, une seule artiste aux multiples talents.
Destin Conrad porte du Advisry sur mesure
Avec Destin Conrad, une chose est sûre : aidé de son fidèle styliste X, il fait toujours sensation avec ses looks de scène. Conrad soutient de longue date Advisry, la marque de Keith Herron, dont il portait récemment une silhouette entièrement sur mesure aux BET Awards. À Lolla, il a de nouveau fait appel à Advisry pour une autre tenue personnalisée. Ce look tout rouge associait une chemise fluide boutonnée et un short vichy à des mocassins noirs et rouges, portés avec des chaussettes rouges. Conrad a confié à Live Nation que le stylisme jamaïcain était récemment devenu une source d’inspiration pour X, qui s’inspire également de l’exploration actuelle de Conrad entre les genres, alors que le chanteur s’apprête à sortir son album reggae plus tard ce mois-ci.
Les nouveaux visuels de Blood Orange : « Grief, Love, England, Youth and Music »
Avec Dev Hynes, même à 16 h 45 sur une scène de festival, chaque performance live est unique. Comme son amie proche Little Simz, Hynes enchaîne les grands festivals cet été — Coachella, Governor’s Ball, Primavera, puis Lolla — et aucun de ses sets ne ressemble au précédent. À Lollapalooza, il a dévoilé une nouvelle série de visuels articulés autour de deux thèmes : « Grief, England, Youth and Music » et « Love, England, Youth and Music ». Dans cette nouvelle proposition à la nostalgie assumée, Hynes mêle des archives de football à des extraits de films, clips musicaux et sujets d’actualité, tandis qu’il interprète « Champagne Coast » et reprend Björk.
Geese prolonge son set avec un lancement de merchandising Basketcase
« Merci à United Airlines d’avoir perdu notre guitare », a lancé Cameron Winter à l’ouverture du set de Geese samedi, après avoir interprété une version de « 2122 » mêlée à quelques passages de « 25 or 6 to 4 » de Chicago. « Ce soir, United en porte la responsabilité. La qualité du show est incertaine, si l’on peut dire. » Le set de 11 titres a été l’un des temps forts du samedi, avec le batteur Max Bassin vêtu d’un T-shirt jaune « Who the Fuck is Cameron Winter », conçu par Basketcase pour la prestation du groupe au festival. Le lendemain du festival, Basketcase a lancé toute une collection de merchandising Geese, dont le T-shirt de Bassin.
Leon Thomas invite Babychiefdoit pendant son set d’anniversaire
Le duo qu’on n’avait vraiment pas sur notre grille de bingo. Le jour de son anniversaire, Leon Thomas nous a offert un set hypnotique de sept titres à Lollapalooza, agrémenté d’un invité très inattendu. Babychiefdoit, originaire du South Side de Chicago, est monté sur scène pour interpréter par surprise son tube du moment, « Ghetto Love Story ». On n’aurait jamais pensé entendre ce morceau à moins de dix minutes de « MUTT ».
À Hacienda PATRÓN, pour mixer, il faut passer des vinyles
La Hacienda PATRÓN de Patrón enchaîne elle aussi les festivals à un rythme effréné cet été. Après des apparitions à BottleRock et Austin City Limits, cet espace immersif sur deux étages a fait escale à Lollapalooza. Inspiré de l’emblématique distillerie de la marque à Jalisco, au Mexique, il comprend plusieurs bars — Headliner Margaritas, Lolla Lemonades et Palomapaloozas à la pression — ainsi qu’un espace DJ et une scène, où une seule règle s’applique : pour mixer, il faut passer des vinyles. Des DJ locaux de Chicago se sont relayés dans la Hacienda pendant les quatre jours, avec des sets remarqués de Tommaso Conforti, Blesstonio, Jake Hopes et Successful Twan. Le duo pop local Haute and Freddy s’y est également produit, tandis que Little Simz est venue assurer un DJ set surprise après sa performance principale.
Les nombreuses guitares de beabadoobee — et son merchandising très mème
Avec son quatrième album studio Pylon à l’horizon, beabadoobee est en pleine ère rock star. En prélude à sa tournée mondiale en tête d’affiche, d’août à décembre, elle a investi la scène principale de Lollapalooza dimanche, avant le premier concert de cette tournée le 4 août. Pour une setlist mêlant les classiques de ses débuts aux nouveaux singles de Pylon, beabadoobee a alterné entre une multitude de guitares électriques et acoustiques : une électrique rose vif, une autre bleu pastel et un modèle rouge sombre cabossé. Une image détournée de beabadoobee et la mention « I Love Pylon » étaient imprimées sur la grosse caisse, tandis que la chanteuse portait un débardeur noir affichant « Pylons Rule ». Une autopromotion savamment pensée, jusque dans les mèmes.
JENNIE dévoile quatre nouveaux morceaux lors de son set en tête d’affiche — en Ann Demeulemeester sur mesure
JENNIE est entrée dans l’histoire à sa manière lors de son show du samedi soir à Lollapalooza. La star est devenue la première artiste solo coréenne à être tête d’affiche du festival, habillée de la tête aux pieds en Ann Demeulemeester sur mesure et stylée par Sam Woolf. Après avoir ouvert avec les classiques — dont « ZEN », son remix de « Dracula » et « Mantra » — puis son titre le plus récent, « Less Than a Lover », JENNIE a enchaîné avec quatre morceaux inédits. Elle a d’abord joué le très attendu « Sweet Tooth », suivi de « Fallen Angel », « Lock it Down » et « Heaven ».
Lil Uzi Vert se rattrape après l’annulation de son set avec un nouvel EP et une apparition surprise chez Major Lazer
L’un des rares bémols du festival est survenu vendredi après-midi, lorsque la pluie a entraîné l’annulation du set de Lil Uzi Vert. L’artiste est finalement apparu pour quelques morceaux durant le show de Major Lazer à 21 heures, mais nous étions devant Charli et l’avons donc manqué. Vert a néanmoins perpétué sa tradition d’anniversaire en dévoilant une nouvelle sortie studio, l’EP Maverick: « Almost Forever ».
La tenue maison de Slayyyter, remplie de poissons
L’une des plus grosses foules des quatre jours pour un set hors tête d’affiche ? Notre WORST GIRL IN AMERICA préférée, l’anti-princesse de la pop — ou presque — Slayyyter. Quelques heures seulement après la sortie surprise de son nouveau single « brand new chanel$ », Slayyyter a fait sensation dans un look inspiré de la pêche, stylé par Hunter Clem. La musicienne a confectionné elle-même cette jupe-ceinture de pêche, associée avec Clem à un haut corseté en flanelle DSQUARED2, des bottes de pluie Hunter et une minaudière poisson ornée de strass — ainsi que, à un moment, une canne à pêche.
Quand les mondes se rencontrent : Sombr invite 5SOS pour « She Looks So Perfect »
Jeudi soir, le set de Sombr au coucher du soleil était l’endroit où il fallait être. Poursuivant sa série de performances live remarquées, l’artiste nommé aux Grammy Awards dans la catégorie meilleur nouvel artiste avait adopté un total look noir : une veste de fanfare ornée de plumes, créée sur mesure par Yarden Dachut, et un pantalon évasé Haitch. En plein set, Sombr a fait monter 5 Seconds of Summer sur scène, juste après la fin du leur, pour interpréter ensemble « She Looks So Perfect ». Une alliance pop de boys un peu edgy dont on ignorait avoir besoin.
Kwn porte House of Errors, la griffe de sa ville natale
Originaire de l’est de Londres, kwn avait fait un long chemin pour ses débuts à Lollapalooza — et elle n’a pas déçu, sans pour autant oublier de rendre hommage à ses origines. Pour l’occasion, elle a choisi de représenter House of Errors, une griffe londonienne, dans l’un de nos ensembles préférés de la marque : la veste et le pantalon en denim Embroidered Moss. La veste en denim clair et le jean assorti se distinguent par un motif texturé évoquant la mousse, présent sur toute la surface.
La tournée de retour de Clipse n’en finit plus
Sans surprise, l’un des sets les plus marquants du week-end est venu de Clipse. Pusha T et Malice ne semblent jamais se fatiguer : malgré l’impressionnante série de concerts qui accompagne leur retour, entamée il y a plus d’un an, le duo n’a pas marqué une pause depuis la sortie, le 11 juillet 2025, de Let God Sort ‘Em Out. Dernière étape de cette tournée de retour : un set à Lollapalooza samedi soir. Et une fois encore, rien à redire.
Lorde, en Issey Miyake, et Charli XCX mettent le feu à la scène principale
Jeudi soir à Chicago, Lorde nous a offert une véritable Eras Tour en montant sur la scène de Lollapalooza comme première tête d’affiche du festival. C’était aussi sa première fois en haut de l’affiche, après un premier passage en 2014. Son set avait alors été écourté ; la boucle était donc bouclée lorsque Lorde a repris tous les classiques de 2014, nos favoris de Virgin et, bien sûr, le remix de « Girl, so confusing » de Charli XCX, avec Charli elle-même. Lorde portait un hoodie Issey Miyake rose vif sur un haut de bikini rose vif. « L’avenir est un peu différent de ce que j’avais imaginé, a-t-elle déclaré à la foule alors que le concert touchait à sa fin. Il est plus difficile et plus sombre. Je rêve de feu tout le temps désormais, et j’ai peur. Mais le fait de nous retrouver, de danser, de pleurer et de chanter les uns avec les autres, c’est l’une des meilleures manières que j’ai de me sentir vivante. Je suis désolée de vous dire que cela va devenir plus difficile et plus sombre, mais nous pouvons rester éveillés, nous pouvons rester vivants… Je veux que vous vous demandiez chaque jour : est-ce que je me comporte comme si j’étais piégé·e, ou est-ce que j’aimerais pouvoir me comporter librement ? … Il faut rester éveillés dans ce moment… Il est à nous et il est beau. »
Le pit de TURNSTILE
TURNSTILE figurait parmi les derniers artistes du festival, dimanche à 19 heures. Il n’a fallu que deux morceaux avant que Brendan Yates ne saute dans la foule pour interpréter le troisième, « ENDLESS », depuis le public. L’un des rares sets de tout le festival à avoir droit à un rappel, il comptait 11 titres officiels, suivis de trois morceaux supplémentaires. On peut l’affirmer avec assurance : c’était le meilleur pit de Lollapalooza, et Yates serait sans doute du même avis.
Frost Children invite Lucy Bedroque après l’annulation de son set
Quand la pluie s’est abattue samedi, la programmation initiale de la journée a volé en éclats. Si la plupart des artistes ont été reprogrammés, une poignée de sets prévus en début de journée ont été purement et simplement annulés. Frost Children a eu la chance d’obtenir un créneau plus tardif, mais pas Lucy Bedroque, dont le set a malheureusement été supprimé. Heureusement, après avoir bouclé leur généreux set de 12 titres couvrant plusieurs ères, le duo a fait monter Bedroque sur scène pour interpréter « 2010 Justin Bieber » en clôture. La veille du créneau qui lui était initialement attribué, Bedroque avait donné un aftershow officiel de Lollapalooza. Cette performance intimiste, à guichets fermés, a aussi accueilli Jane Remover par surprise.
Le Bronco rose vif d’Inji
Pour ses débuts à Lolla, Inji, artiste turque installée à Philadelphie, a tout donné sur scène — littéralement. Vêtue d’une robe rose à volants et d’une écharpe « Miss Bright Ideas », la musicienne a fait installer sur scène un lit grandeur nature, ainsi qu’une mini-Ford Bronco rose vif.
Les débuts live spectaculaires de Music Fashion Film par Charli XCX
Après une série de concerts intimistes avant sa sortie et une date unique à Nashville, le set de Charli XCX vendredi soir à Lollapalooza marquait la première fois que Music Fashion Film était joué en live sur une véritable grande scène. Autant dire que tous les regards étaient braqués sur Charli, montée sur scène une semaine seulement après la sortie de l’opus post-brat. Sa setlist, parfaitement construite, rassemblait les classiques de brat, des favoris de la première heure — « Track 10 » —, la bande originale de Wuthering Heights et Music Fashion Film dans son intégralité. La pluie s’est mise à tomber au moment idéal, pendant « House », tandis que Charli lançait des feux d’artifice depuis la scène. Il y avait décidément quelque chose dans l’air : ce show, que beaucoup considèrent comme le meilleur de sa carrière, s’est déroulé la veille de son anniversaire. La présentation officielle de Music Fashion Film au monde a décliné l’esthétique de l’album jusque dans le stylisme, Charli alternant ensembles en cuir épurés, T-shirts déchirés et pièces YSL vintage. Malgré les rumeurs, aucune apparition surprise. Et ce n’était pas nécessaire. Juste Charli au sommet de sa forme, tout juste après son album post-apocalyptique, en pleine saison du Lion. Elle a conclu avec le titre du film de David Cronenberg, « No One Lasts Forever », tandis que les mots « Oblivion is freedom » s’affichaient sur le dernier visuel monochrome. Voilà comment on est tête d’affiche d’un festival.
Olivia Dean rassemble près de 100 000 personnes pour sa toute première tête d’affiche dans un festival américain
Samedi soir, la joie était palpable lorsqu’Olivia Dean a clos la troisième journée du festival avec sa première prestation en tête d’affiche dans un festival américain. Sam Fender l’a rejointe pour interpréter leur titre en tête des charts, « Rein Me In ». Tout au long du concert, Dean semblait bouleversée, les larmes de joie aux yeux face à la mer de 97 000 festivaliers, dans sa robe Versace dorée sur mesure. Et à juste titre.



















