Elon Musk envisagerait une fusion SpaceX‑Tesla avant la plus grosse IPO de l’histoire
Elon Musk aurait évoqué l’idée de fusionner SpaceX et Tesla, à quelques semaines de l’entrée de SpaceX au Nasdaq le 12 juin.
Résumé
- CNBC rapporte qu’Elon Musk a évoqué avec ses équipes une fusion entre SpaceX et Tesla, alors que SpaceX doit faire ses débuts au Nasdaq sous le symbole « SPCX » le 12 juin.
- SpaceX vise une valorisation pouvant atteindre 1,75 billion de dollars, ce qui en ferait la plus grande introduction en Bourse de l’histoire, tandis que la capitalisation actuelle de Tesla tourne autour de 1,6 billion de dollars, plaçant un ensemble fusionné au‑delà des 3 billions de dollars.
- Aucune des deux entreprises n’a officiellement confirmé de projet de fusion, mais leurs liens opérationnels sont déjà très étroits, et Musk détient 85 % des droits de vote de SpaceX.
CNBC rapporte, en citant des sources proches du dossier, que Elon Musk a évoqué l’idée de fusionner SpaceX et Tesla avec ses collaborateurs. Le calendrier n’a rien d’un hasard : SpaceX a déposé son formulaire S‑1 le 20 mai et devrait commencer à être cotée au Nasdaq sous le symbole « SPCX » le 12 juin, avec une valorisation visée pouvant atteindre 1,75 billion de dollars, ce qui en ferait la plus grande entrée en Bourse de l’histoire. Aucune confirmation officielle n’est venue de l’une ou l’autre entreprise, mais les bases structurelles d’un rapprochement se construisent discrètement depuis des années.
La logique de fusion commence par l’IA. Les deux sociétés ont largement dépassé leurs missions initiales et sont désormais, au cœur, des acteurs de l’infrastructure d’IA en concurrence pour les mêmes ressources : puissance de calcul, énergie et talents d’ingénierie ultra‑spécialisés.SpaceX a fusionné avec la start‑up d’IA xAI de Musk au début de 2026, faisant grimper sa valorisation sur les marchés privés à 1,25 billion de dollars avant le dépôt de son dossier d’IPO. Tesla, de son côté, a révélé un investissement de 2 milliards de dollars dans xAI en janvier 2026, densifiant encore la toile financière qui relie l’empire Musk. La vraie question à laquelle une fusion répond n’est pas de savoir si ces entreprises sont déjà imbriquées — elles le sont manifestement — mais si une union formelle leur offrirait plus de puissance de feu financière que l’organisation actuelle.
Les liens opérationnels sont déjà plus étroits que dans la plupart des partenariats d’entreprise. SpaceX a dépensé 697 millions de dollars en Megapacks Tesla pour alimenter ses data centers d’IA et 131 millions supplémentaires en Cybertrucks. Ingénieurs, administrateurs et relations financières circulent librement entre les deux groupes. En 2024, Nvidia a accepté, à la demande directe de Musk, de détourner une commande de GPU de 500 millions de dollars de Tesla vers xAI. Les entreprises partagent des fournisseurs qui les considèrent déjà comme un seul et même client. Structurellement, elles ressemblent moins à deux entités distinctes qu’à deux divisions opérationnelles d’une même holding informelle.
C’est dans la mise en œuvre concrète de leur fusion que se niche la vraie complexité. Un échange d’actions est le scénario le plus probable, mais fixer le ratio entre une SpaceX fraîchement introduite en Bourse et une Tesla déjà bien établie crée d’emblée un conflit d’intérêts en matière de valorisation, sachant que Musk contrôle les deux groupes. Des juristes, cités dans la couverture de CNBC ont souligné qu’une fusion aurait probablement de bonnes chances de passer le filtre antitrust, les fusées et les véhicules électriques n’entrant en concurrence sur aucun marché, mais qu’elle se heurterait à des défis majeurs en matière de gouvernance actionnariale. Les actionnaires de Tesla n’ont aucune garantie que leurs intérêts seraient prioritaires dans un montage d’échange de titres dont Musk, partie prenante dominante de SpaceX avec 85 % des droits de vote, fixerait de fait les conditions. Le prospectus de SpaceX rappelle d’ailleurs que l’entreprise est une « controlled company », ce qui lui permet de déroger à certains garde‑fous de gouvernance classiques, laissant peu de recours aux actionnaires de catégorie A.
Les précédents n’ont rien de rassurant pour les actionnaires minoritaires. Ce serait la quatrième fois que Musk orchestre une opération majeure entre des sociétés qu’il contrôle. SolarCity a été absorbée par Tesla en 2016 lors d’un rachat qui a déclenché une action en justice d’actionnaires. xAI a acquis X pour 33 milliards de dollars en mars 2025, dans une transaction qui a, de fait, fait remonter la valorisation d’une plateforme estimée 9 milliards à 33 milliards de dollars en s’appuyant sur le bilan de xAI. L’investissement de 2 milliards de dollars de Tesla dans xAI a suivi, alors même que les actionnaires avaient auparavant rejeté une proposition similaire. Chaque opération suit le même schéma : Musk agit d’abord, les actionnaires encaissent la complexité ensuite.
L’analyste de Wedbush Dan Ives anticipe que ce partenariat débouche sur une fusion complète d’ici 2027, estimant que les deux entreprises font face aux mêmes contraintes en matière d’énergie, de puissance de calcul, d’IA et d’approvisionnement en puces. Ross Gerber, PDG de Gerber Kawasaki, a déclaré sur CNBC qu’une fusion permettrait à Musk de réaliser une ambition de longue date : diriger une seule entreprise intégrée, tout en donnant au nouvel ensemble la masse de capital nécessaire pour rivaliser dans l’IA avec Google et Microsoft. Walter Isaacson, auteur de la biographie de référence de Musk, le résume sans détour : « Elon Musk n’arrête pas de faire passer ses ingénieurs d’une société à l’autre. Je pense qu’il veut en faire une seule grande entreprise. »
SpaceX devrait commencer à être cotée au Nasdaq sous le symbole « SPCX » le 12 juin. Ni SpaceX ni Tesla n’ont officiellement confirmé l’existence de discussions de fusion.

















