L'impact de sa collaboration avec Nike, ses envies futures, son parcours... 15 minutes en pleine Fashion Week avec Jerry Lorenzo

Rencontre.

By
Mode 

Il se glisse dans tous les streetstyles, on le voit en front row des défilés, le designer Jerry Lorenzo est devenu en quelques années l’un des visages phares de la Fashion Week de Paris. Celui qui est né à Chicago était de passage aux Galeries Lafayette des Champs-Elysées pour inaugurer la nouvelle collection de sa marque “Fear of God”. L’occasion de s’asseoir un moment avec ce monument de la culture sneakers, qui au fil des années a su installer son style minimaliste, poussant des portes entre-ouvertes par la scène créative de sa ville natale (Virgil Abloh, Kanye West…). L’impact de sa collaboration avec Nike, ses envies futures, son parcours… 15 minutes avec Jerry Lorenzo.

Jerry Lorenzo est partout maintenant, votre visage est l’un des plus célèbres de la Fashion Week de Paris. Réalisez-vous ? Comment cela est-il arrivé ?

Je suis vraiment un visage connu de la Fashion Week de Paris ? J’ai commencé à venir à cette Fashion Week il y a environ 6 ans quand je bossais pour Kanye West. Nous sommes d’abord venus en équipe et maintenant chacun vient de façon individuelle pour faire ses propres projets. Est-ce que je réalise ce qui s’est passé ces 6 dernières années ? Je ne crois pas, je suis tellement pris par ce que je fais, par ce que j’essaie d’apporter au monde de la mode, que je ne suis pas si “aware” de l’impact. Je me focus vraiment sur mon travail, sur Fear of God et sur comment faire avancer la mode. Maintenant ça va faire quoi, 5 ans vraiment que je me concentre là dessus ? En réalité ça fait peu de temps. Ce que j’aimerais, c’est regarder où j’en suis dans 20 ans, si je serai encore présent, si ce que je fais n’était en réalité pas seulement bâti sur la hype. Mais plutôt sur l’art, l’instinct, le design et l’intuition. Quelque chose qui ne se mesure que dans le temps, pas dans la hype.

Beaucoup de Parisiens vous connaissent, mais pas sûr qu’ils connaissent votre histoire. Quelle est l’histoire de Jerry Lorenzo ?

La version la plus courte se résumerait ainsi : j’ai passé beaucoup de temps à l’école, une école de commerce et à ce moment là je pensais que je me préparais à lancer plutôt un business lié au sport. Mais en même temps je bossais dans le retail, c’était l’autre moitié de ma vie. L’histoire de Jerry Lorenzo finalement, c’est que mon part-time est devenu mon full-time. À l’époque je pensais que le retail m’aidait à pouvoir aller à l’école, alors qu’en réalité le retail était mon école à moi. C’est grâce à ça que je peux comprendre un peu mieux le marché, ce que le public attend dans l’acte d’achat, comment il voit et regarde le produit. C’est ça l’histoire de Jerry Lorenzo, un kid qui travaillait chez GAP et Diesel tard le soir à la fin des années 90. Et tout ce que j’ai appris durant ces années est devenu mon savoir aujourd’hui.

 

 

On allait justement vous demander : vous rappelez-vous de votre premier petit boulot ?

Je bossais dans un supermarché.

Qu’est-ce qui vous inspire dans la mode ? Ce qui vous a fait dire : c’est ce que je veux faire de ma vie.

Je ne crois pas que c’était une inspiration, c’était plutôt un besoin. Il me manquait des choses dans mon armoire, des choses que je désirais. Quand j’ai lancé ma marque, quasiment tous mes amis en avaient déjà une. Il y avait des tee-shirt, des hoodies, de là avoir ma marque semblait tangible, quelque chose que je pouvais faire moi aussi. Mais je ne voulais pas juste floquer des trucs sur des fringues, je souhaitais avoir une opinion à exprimer sur le design, sur les formes. Ça m’a toujours semblé être un rêve tangible qui découlait de ce que je ne trouvais pas dans mon dressing.

À quoi ressemble votre dressing maintenant ?

Que du Fear of God et du vintage (rires). Et oui beaucoup de gris, beige et noir mais j’ose aussi quelques pièces tie and dye de temps en temps.

Dimanche dernier c’était la fête des pères. Quel genre de père êtes-vous ?

Oh je crois que vous devriez demander à mes enfants pour avoir une réponse. Je pense que j’essaie de faire de mon mieux même je dois parfois faire quelques ratés. Je crois que j’essaie de donner l’exemple, leur montrer ce qu’il est possible de faire dans ce monde à travers mon travail. Je veux aussi leur montrer l’importance d’être présent pour sa famille. Je travaille tous les jours pour atteindre cet équilibre.

En parlant de père, le vôtre était manager des Chicago White Sox et des New York Mets, deux équipes de la ligue de baseball américaine. Est-ce lui qui vous a initié au sport ?

Définitivement. L’amour du sport je l’ai eu grâce à mon père, et la façon dont il a managé ses équipes est aussi la façon dont j’approche la mode et le vêtement. Mon père n’a jamais regardé les statistiques, il n’était pas un homme des chiffres, il ne regardait pas ce qui se faisait sur le “marché”. Il a toujours utilisé son instinct pour approcher le jeu, son savoir sur le baseball. J’applique ça dans la mode, je ne me fais pas aspirer par ce qui est tendance ou ce que les gens achètent en ce moment. Je me fie davantage à ce que je pense instinctivement, ce que je pense que les gens veulent.

Voyez-vous votre succès comme un succès individuel ou collectif, celui de toute une génération qui s’est engouffrée dans la porte ouverte par Kanye ?

Je ne crois pas que mon intention c’est d’ouvrir des portes mais davantage d’inspirer des kids à par exemple être architecte, être joueur de baseball, si c’est ce dont ils ont envie. Mon intention est de montrer aux gens que tout peut être possible. Je crois qu’égoïstement j’essaie de faire du mieux que je peux pour montrer aux jeunes qu’ils peuvent aussi le faire, peu importe leur passion. Finalement mon intention est bien en dehors du monde de la mode.

Quel impact a eu votre collaboration Nike sur votre vie ? Si aux US vous étiez largement reconnu, un groupe international comme Nike a ajouté une certaine lumière sur votre travail.

Je ne crois pas que ça a impacté ma vie mais plutôt la vision que les gens avaient sur la marque Fear of God. Nous avons sorti la collab en décembre donc pour l”instant tout ce qui a été vendu compte pour 2018, il est encore trop tôt pour voir l’impact sur les ventes directes de ma marque, le changement de perspective sur ma marque. Mais je suis plutôt en train de penser à la prochaine Nike et au prochain design, la prochaine Air Fear of God II. À quoi elle va ressembler, quelle sera la campagne qui l’accompagnera, quelle histoire nous voulons raconter…

En parlant d’une nouvelle collab avec Nike, quand aura lieu la prochaine ? Quelle sera votre inspiration ?

J’aimerais pouvoir vous le dire mais je ne sais pas encore. Nous sommes en train de developper la suite justement. Avec un peu de chance ça pourrait arriver en 2020.

Quel est votre prochain goal maintenant ? Ou rêve ? 

Je veux trouver le bon équilibre. Continuer de trouver des solutions pour le marché à une allure que je ne caractériserais pas de lente, mais plutôt d’honnête. Je crois que le calendrier de la mode est un peu mensonger. Je ne pense pas qu’on ait besoin de faire du shopping à chaque changement de saison, je veux essayer de construire des collections qui durent un peu plus longtemps. Je continue de me battre contre ce calendrier.

Qu’est-ce qu’un 24 heures avec Jerry Lorenzo dans la vie réelle ?

Je me réveille le matin vers 5h30, je prends un peu de temps au calme pour me recentrer, ensuite je prépare mes enfants pour les emmener à l’école puis je les dépose, je file à la salle de sport et puis je vais au studio pour créer jusqu’à 18h30 environ. Puis je rentre à la maison, je tombe de fatigue et pareil le jour d’après (rires). Ce n’est peut-être pas aussi sexy que ce que les gens pensent.

Lire l'article en entier

Que lire ensuite

Hamza, S-Pri Noir, Mr. Eazi... Voici les meilleurs évènements prévus en France pour la Fête de la Musique
Musique 

Hamza, S-Pri Noir, Mr. Eazi... Voici les meilleurs évènements prévus en France pour la Fête de la Musique

Concerts, DJ sets et block party dans toute la France.

Le Rayon Frais collabore avec PUMA pour imaginer un maillot de foot
Mode

Le Rayon Frais collabore avec PUMA pour imaginer un maillot de foot

Inspiré par la scène techno et house.

Off-White™, Chanel, Louis Vuitton... Les streetstyles de la Fashion Week de Paris
Mode

Off-White™, Chanel, Louis Vuitton... Les streetstyles de la Fashion Week de Paris

Les plus belles tenues de ce début de semaine.


Voici tous les looks du défilé Louis Vuitton Printemps/Été 2020
Mode

Voici tous les looks du défilé Louis Vuitton Printemps/Été 2020

Avec comme modèle surprise le footballeur Héctor Bellerín.

Streamez dès maintenant le défilé Louis Vuitton Printemps/Été 2020
Mode

Streamez dès maintenant le défilé Louis Vuitton Printemps/Été 2020

Rendez-vous à 14h30.

On est allé à Barcelone parler mode (et parfum de la victoire) avec Samuel Umtiti
Sports Mode 

On est allé à Barcelone parler mode (et parfum de la victoire) avec Samuel Umtiti

Le champion du monde aime les vêtements, y compris les plus audacieux. La preuve en images et en discours.

More ▾
 

Aidez-nous à mieux vous servir

Nous apprécions votre soutien en autorisant des publicités HYPEBEAST, où nous pouvons partager des contenus liés aux dernières tendances, et culturellement pertinents. En ajoutant HYPEBEAST à la liste blanche de votre bloqueur d’annonces, les annonces diffusées sur nos sites seront diffusées pendant la navigation.