Krisy Ou L'Euphorie Créative

Bienvenue dans Le Jeune Club.

Ce n’est pas parce que Krisy célèbre son Jeune Club en collaboration avec CHMPGN qu’il faut s’attendre à des nuits d’ivresses imbibées de bulles dorées. Il ne leur en fallait qu’une, au Cabaret Sauvage, le 23 février dernier, pour inviter tous leurs amis à fêter la collection capsule à l’image du projet de l’artiste belge. Le long du Canal de l’Ourcq, les silhouettes étaient familières et pour cause, malgré son éclosion, Krisy n’oublie jamais les siens. Si certains conçoivent LeJeune Club comme un label, il le voit comme une plateforme collaborative. Si d’autres évoquent l’explosion de Damso, il parle de son ami William. Si la notion de famille est très forte pour l’artiste polymorphe, c’est qu’il imagine son art comme un échange et que chacune de ses collaborations se doit d’être un “win-win”. Que ce soit avec son nom de scène Krisy ou son alter égo de l’ombre De La Fuentes, le jeune belge s’imbibe de l’ebullition artistique dans laquelle il baigne pour voguer vers son prochain album Euphoria qui sera même accompagné d’une bande dessinée. Rentrez ainsi dans LeJeune Club flambant neuf de Krisy et laissez-vous enivrer par son euphorie créative.

Comment expliques-tu l’engouement autour de Krisy et De La Fuentes ?

On me répète souvent que je propose quelque chose de différent et c’est surement ça qui doit attirer les médias et le reste.

Cultives-tu cette différence ?

Non, pas du tout. Je reste moi-même et je fais ce qui me plaît. Chacun est unique donc si on reste soi-même on ne peut qu’être différent. C’est assez naturel pour moi car je n’arrive pas à jouer un rôle.

Ton univers est tellement en marge de l’industrie de la musique actuelle, te retrouves-tu dans celle-ci ?

Non, pas spécialement. Peut-être au niveau des prods, mais je ne me reconnais pas dans la scène actuelle. J’écoute beaucoup de son parce que si Krisy existe en tant qu’interprète d’un côté, il y a De La Fuentes le beatmaker de l’autre. Il faut que je reste en phase avec la musique actuelle parce que certains artistes sont susceptibles de me demander des instrumentales comme untel ou un mix comme untel. Pour Krisy je reste complètement imperméable au monde extérieur et je m’efforce de rester moi-même.

Comment cette collaboration LeJeune Club x CHMPGN a t-elle vu le jour ?

J’ai toujours voulu me lancer dans le textile mais je ne me voyais pas créer une marque à mon nom. Comme je viens de lancer ma structure, LeJeune Club, c’était l’occasion parfaite. LeJeune Club est un label créatif polyvalent qui peut à la fois enregistrer un album, comme organiser un vernissage ou faire du conseil en image. Je connais les gars de CHMPGN depuis un moment car on avait travaillé ensemble sur mon clip “Ils Pensent” et je me suis dit pourquoi pas tenter quelque chose avec eux? Je voulais arriver avec quelque chose de qualitatif dès le début.

Portrait De Krisy Lors De Son Concert Au Cabaret Sauvage

Dans quelle mesure as-tu participé à la création de la collection ?

Je tenais à partager mes idées avec Marc et Alban de CHMPGN ainsi qu’avec le graphiste qui a dessiné le logo du club. Autant pour le T-shirt manches longues que pour les couleurs, il fallait que j’apporte ma touche avant que les gars de CHMPGN finissent le travail. Je voulais quelque chose qui me ressemble et qui reflète mon identité. Je donne souvent l’exemple d’OVO, qui est une marque internationale mais qui reste une famille. On débute localement avec Le Jeune Club mais c’est une marque que je veux installer durablement.

On a le sentiment que par sa nature polymorphe, ta structure te ressemble beaucoup…

C’est exactement ça. LeJeune Club ça peut même être une plateforme collaborative grâce à laquelle je vais mettre en avant des photographes ou des graphistes. C’est comme ça qu’on peut faire de grandes choses, en favorisant les échanges.

Comment interagissent toutes tes facettes artistiques et tous tes projets ? Par exemple, est-ce que Krisy se nourrit des collaborations de Fuentes ?

Bien sûr. J’aime beaucoup travailler avec des artistes plus forts que moi. Fuentes aime travailler avec des producteurs plus forts que lui et au final c’est du win-win. Si je travaille avec un beatmaker, j’essaye de lui apporter ma vision du business pour éviter qu’il se fasse avoir. Lui va m’apprendre des termes techniques que j’ignore peut-être. Dans tous les cas, c’est du gagnant-gagnant.

Tu partages parfois tes instrumentales dans ta story Instagram pour que des jeunes artistes s’y mesurent. Est-ce important pour toi de mettre les autres en lumière ?

J’essaye juste de partager du bon son. Peu importe qui tu es. Quand j’écoute une maquette, je ne mets pas de visage sur la voix donc si j’aime, je partage. Je n’oublie jamais qu’à la base je suis un auditeur, je suis un amoureux de la musique et c’est aussi très important pour moi d’aider les gens.

“On ne peut pas aider tout le monde. Par contre, on peut aider son cercle et si je vois que mon petit frère n’a pas de travail, je ne vais pas hésiter à lui en donner.”

Comment arrives-tu à structurer ton travail entre tous tes projets ?

J’utilise toutes les ressources qui sont à ma disposition. J’ai mon agenda sur mon téléphone, dans mon carnet, je sais exactement quand je dois travailler sur mon album ou quand je dois travailler sur mes prods. J’ai aussi mon frère qui m’aide beaucoup. Il est souvent disponible pour me donner un coup de main quand j’ai des rendez-vous auxquels je ne peux pas me rendre ou des choses que je peux déléguer. J’essaye de lui donner des responsabilités pour qu’il puisse trouver sa voie.

Est-ce important de travailler en famille pour toi ?

Je pars du principe qu’on ne peut pas aider tout le monde. Par contre, on peut aider son cercle et si je vois que mon petit frère n’a pas de travail, je ne vais pas hésiter à lui en donner. De toute façon c’est aussi grâce à lui que je suis là aujourd’hui. C’est mon premier fan et il m’a toujours poussé, que ce soit pour créer mon Soundcloud ou sortir une mixtape. Je lui dois tout.

Dans le milieu artistique, l’entourage est un élément essentiel car lorsque le succès arrive, si tu n’es pas bien entouré, tu peux rapidement te perdre. J’ai connu tellement de gens qui se sont perdus avec la fame. J’ai la chance d’avoir ma mère près de moi qui me rappelle toujours que je suis un homme comme tout le monde. Elle n’hésite pas à me rappeler que le mardi il faut descendre les poubelles. Malgré les followers sur Instagram je descends mes poubelles comme tout le monde. Ça me permet de garder les pieds sur terre.

Dans quelle mesure le succès de Batterie Faible a t-il rayonné sur ta carrière ?

Ça m’a permis de collaborer avec beaucoup de personnes, grâce à tous les gens qui m’ont mentionné ou même à lui qui m’a envoyé pas mal de force. Après ce n’est pas quelque chose que je cherchais, à la base je voulais juste l’aider. Avant d’être Damso, pour moi c’était William et il voulait faire du son donc je me suis dit “Ok allons-y, on va faire du son”. Je ne lui ai jamais rien demandé en retour car comme ma mère me le dit, c’est Dieu qui donne, et c’est vrai. Puis quand je reçois, j’essaye de redistribuer. Je vis bien, ma famille va bien, je n’ai aucune raison de me plaindre ou de changer. Ça ne coûte rien de donner. Par exemple, il y a des gars qui faisaient 100 vues dont j’ai partagé les sons et qui se sont fait contacter par des maisons de disques. Si tout le monde faisait ça, le mouvement serait différent.

C’est dommage que les rappeurs francophones ne collaborent pas ensemble, qu’ils ne fassent pas des tournées ou des mixtapes ensemble. Ici on essaye tout de suite de mettre les gens dans une case. Comme j’ai travaillé avec Damso, on m’a collé l’étiquette du 92i alors que pas du tout. Après j’ai fait des projets avec pas mal d’artistes comme PLK ou d’autres et les gens ont compris que j’étais un électron libre.

Portrait De Krisy Lors De Son Concert Au Cabaret Sauvage

Aujourd’hui, les gens consomment la musique très rapidement et sont tout le temps en attente de nouveauté. Est-ce important pour toi d’éduquer les gens sur ta musique ?

Je pense que ça dépend des projets. Si demain je sors un album, je vais faire tout mon possible pour le faire vivre. Je vais sortir des clips en amont, je vais me donner du mal pour construire un projet complet et pas seulement sortir des singles et m’arrêter là. Un album peut vivre facilement un an pour moi. Les américains sont toujours en avance sur nous là dessus. Avec le merch, les clips etc… ils arrivent à faire vivre un album. Aussi, vu que je ne suis pas francophone de base, je me reconnais plus dans la musique anglo-saxonne et c’est pour ça que j’essaye d’amener ma patte dans la musique francophone. Mais je sens que les gens commencent à capter un peu mon univers donc ça commence à changer.

À la base, tu n’es pas francophone ?

Non, c’est seulement à partir de 2010 que j’ai commencé à parler français. Ma mère a pris des cours de néerlandais pour qu’on puisse le parler à la maison et je regardais la télé en anglais sous-titré. Je n’écoutais pas de rap non plus car la culture flamande de l’époque était centrée sur le rock et les groupes comme Limp Bizkit. Vers 2010, j’ai arrêté les cours et j’ai commencé à traîner avec des francophones tous les jours. C’est comme ça que j’ai développé mon français.

Est-ce vrai que tu as conçu toi-même la pochette de ton EP Paradis d’Amour ?

C’était Noël et je n’avais pas envie de le fêter parce que ma mère était en France à ce moment là. J’ai reçu des prods et j’ai décidé de faire un son que j’ai partagé dans ma story. Puis j’en ai fait un deuxième, avant d’annoncer un projet pour la Saint-Valentin, le 14 février. Je n’avais aucune idée du nombre de titres ou de la cover. Au début j’ai annoncé 5 titres, puis 7, pour finir à 10. C’est la même chose pour la cover. Il me restait une semaine au grand maximum alors qu’est-ce que j’ai fait ? Je me suis débrouillé. J’ai téléchargé des png, des jpeg et des gifs sur Google Images puis j’ai regardé des tutos sur YouTube et voilà, la cover de Paradis d’Amour était là.

“Je préfère mettre les autres en lumière et rester dans l’ombre.”

Combien de projets as-tu à ton actif ?

J’en ai 7 et le dernier c’est Paradis d’Amour. Les gens attendaient la 2ème édition pour cette année mais je suis déjà passé à autre chose. Quoique attends… j’en ai 8. Personne n’a encore trouvé le 8ème, il est caché sur YouTube.

Est-ce essentiel que tous tes projets aient du sens ?

Je préfère raconter des histoires ou transmettre des émotions plutôt que de faire de l’égotrip. Je reçois souvent des messages me disant “Merci pour tes textes, je me reconnais dans tes chansons” et c’est le plus beau des compliments. Je préfère ce genre de message plutôt qu’un “trop sale”. Parfois, je reçois même des messages disant “Merci, je n’étais pas bien et tu m’as donné de la force”. Pour moi, c’est ça qui est important. Peut-être que ces personnes vont réussir leur vie et vont se dire qu’un jour un gars qui faisait de la musique dans sa chambre leur a donné de la force pour arriver où ils sont.

Le Jeune Club c’est toujours dans ta chambre ?

Oui, mais j’ai complètement transformé ma chambre en studio. Le truc c’est qu’on habite en famille dans le bâtiment de ma mère. Quand la musique a commencé à bien marcher, j’ai décidé de lui reprendre son crédit et les deux appartements qu’on louait pour faire mes bureaux. C’est très pratique parce que si j’ai une idée et que je suis dans mon bureau, je peux aller tout de suite dans le studio pour l’enregistrer.

Comment expliques-tu l’explosion de la Belgique dans le rap francophone ?

Je pense que la Belgique est devenue incontournable musicalement parlant parce qu’on n’a pas vraiment de cité ici. On ne ressent pas le besoin de représenter tel ou tel quartier. Du coup, on peut même se moquer de nous-mêmes et foncer dans l’auto-dérision. Quand des français ou des parisiens tombent sur nos sons, ils trouvent ça soit trop marrant soit trop chaud au niveau des prods mais dans tous les cas, ils trouvent ça très différent. S’ils en ont marre des guerres et de la violence entre les rappeurs, ils vont voir l’arbitre, ils viennent nous voir (rires).

Portrait De Krisy Lors De Son Concert Au Cabaret Sauvage

Il y a de plus en plus d’artistes français qui recherchent cette fraîcheur là…

J’ai travaillé avec tellement d’artistes… Ils restent une semaine dans mon bâtiment et s’imprègnent de l’atmosphère. À Paris il y a trop de stress. Les français me disent souvent que Bruxelles est un mélange de ville et de campagne et c’est ça qui est frais. Ça apporte tellement de libertés. C’est bien dans un sens, mais pour les connexions, il faut être à Paris. Sauf si tu t’appelles Stromae. Et encore, même Stromae il doit surement sortir de Bruxelles pour ses collaborations. C’est pour ça que je voulais faire ma première collaboration en France. Personne de ma génération n’a encore fait ce genre de move en Belgique. Il fallait juste le tenter.

Quels sont tes prochains projets ?

Je termine mon album Euphoria avec sa bande dessinée. Ça fait 4 ans que je travaille dessus donc c’est un projet qui me tient à coeur. Plus j’avance, plus je me dis que le projet peut vraiment apporter quelque chose de différent. Que ce soit avec la BD ou en concert, je veux surprendre les gens pour voir leur réaction par la suite. Même mon projet suivant il s’appelle Qu’est ce qu’on fait ? et c’est une comédie musicale urbaine. On est déjà dessus, on a les prods, les thèmes et ça va sortir pour 2020. Ensuite, je vais me concentrer sur la prod parce qu’au fond, je préfère mettre les autres en lumière et rester dans l’ombre. 

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