Martin Wong, le grand prêtre du lowbrow, continue de vivre chez P·P·O·W et à Wrightwood 659
« Chinatown USA » et « Popeye » ouvrent ce week-end à Chicago et à New York.
Résumé
- Wrightwood 659, à Chicago, inaugure Chinatown USA de feu l’artiste sino-américain Martin Wong
- La galerie P·P·O·W de New York présente simultanément Popeye, centrée sur la fascination de Wong pour les bandes dessinées et l’imaginaire du tatouage
Feu Martin Wong n’a jamais eu l’occasion de se rendre en Chine, ni d’en parler la langue. Comme beaucoup d’Américains d’origine asiatique, il a recomposé son idée de « mère patrie » à partir de fragments d’images et de produits venus des États-Unis. Et pourtant, le rapport au lieu, comme en témoigne sa célèbre collection de graffitis et, plus largement, son œuvre ancrée dans la rue, est resté central pour lui — nulle part plus qu’au cœur des Chinatowns.
Wrightwood 659 et la galerie P·P·O·W unissent leurs forces pour présenter deux expositions jumelles dédiées au légendaire artiste sino-américain. Entre Chinatown USA à Chicago et Popeye, ces rendez-vous mettent en pleine lumière des facettes encore peu explorées de l’œuvre de Wong, se déployant comme autant de biographies visuelles de l’artiste et de son regard ardent sur le dialogue Est-Ouest et les imageries subculturelles.
Wong a dévoilé pour la première fois ses œuvres sur Chinatown lors d’une exposition devenue historique en 1993 à la P·P·O·W. L’exposition de Wrightwood 659, intitulée Chinatown USA, fait directement écho à ce moment, en réunissant plus de 100 peintures, sculptures, dessins et photographies sur deux étages du musée signé Tadao Ando.
Placée sous le commissariat de Yasufumi Nakamori et Ashley Janke, la sélection nous plonge dans les rues des Chinatowns, imaginées à la fois comme un espace intime et mystique pour l’artiste. Des dragons ouvragés planent aux côtés de performeurs d’opéra de Pékin. Boutiques familiales, immeubles coiffés de toits en pagode et parades grandioses se muent en visions psychédéliques. Wong considérait son regard sur Chinatown comme celui d’un outsider, et ses toiles assument pleinement cet exotisme.
Pendant ce temps, à New York, la galerie P·P·O·W met en scène Popeye, qui explore la fascination de l’artiste pour les sous-cultures des bandes dessinées et du tatouage. Conçue par Mark Dean Johnson et Anneliis Beadnell, cette exposition est animée par d’immenses silhouettes du marin éponyme, habillé de son motif emblématique de façade en briques all over, et réunit huit sculptures majeures de sa dernière décennie de création. Mêlant à parts égales sensualité et comique, l’exposition, comme le souligne la galerie, « met en lumière un fil rouge encore peu étudié dans la production de Wong, aussi redevable aux comix lowbrow qu’aux références sophistiquées des histoires de l’art asiatique et européen ».
Chinatown USA est actuellement visible au Wrightwood 659 à Chicago jusqu’au 18 juillet, tandis que Popeye ouvrira le 18 avril et se tiendra jusqu’au 30 mai.



















