Josie Hall sublime l’art du kendo : les combattants dégainent leurs armures
Plongée dans « Red Patience », sa première exposition à la galerie londonienne Have A Butchers.
Résumé
- La photographe Josie Hall s’apprête à présenter sa première exposition à Have A Butchers, à Londres, du 17 avril au 1er mai.
- L’exposition explore l’art du kendo, art martial japonais moderne, mis en scène à travers sa signature visuelle envoûtante et ultra-stylisée.
Discipline et rituel — dans le kendo, cet art martial japonais qui signifie « la voie du sabre », la technique ne représente que la moitié de l’histoire. « Ce qui m’intéressait, c’est la façon dont la voie du sabre se reflète directement dans la manière dont on fonctionne au quotidien », explique la photographe Josie Hall à Another à propos de sa nouvelle série, Red Patience. « Il ne s’agit pas seulement de combat, mais de la façon dont il sert de cadre de vie : discipline, sang-froid sous pression, sens des responsabilités et respect. »
Red Patience occupe le devant de la scène dans la première exposition de l’artiste installée à Londres’ à Have A Butchers gallery à Haggerston. Programmée du 17 avril au 1er mai, l’exposition braque l’objectif sur la pratique séculaire du kendo, dont elle traduit la chorégraphie ritualisée en une série de clichés sublimes.
Plutôt que de documenter le sport de façon littérale, Hall fragmente, tord et superpose des kendoka masqués dans de grands tirages. Tout au long de la série, les silhouettes semblent suspendues, saturées de teintes quasi chimiques. Les escrimeurs, comme des spectres doublés d’eux-mêmes, brouillent la frontière entre l’adversaire et le moi. Hall’ pousse son étude du mouvement au-delà de l’image fixe avec une vidéo réalisée en collaboration avec l’artiste Mike Lamont. Portée par une bande-son signée Cheng Zhuang, cette pièce filmique cristallise son’ obsession pour la lumière, la couleur et surtout le mouvement, en capturant la tension des kendoka au repos comme en plein impact.
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Cette sensibilité à la forme et au style remonte aux débuts de Hall’ dans la mode. Elle s’est d’abord imposée par le stylisme, sous l’aile de la photographe et styliste Venetia Scott, puis de Nick Knight. De là, elle a affûté un instinct redoutable pour les textures et la composition. Son regard, qui navigue entre documentaire et onirisme, se déploie avec la même fluidité dans son travail personnel, ses éditos et ses grandes campagnes de mode, pour des maisons comme Prada, Isamaya Ffrench, Balenciaga ou Martine Rose.
Le kendo, avec son équilibre entre discipline ancestrale et performance contemporaine, s’impose alors comme sujet idéal. Hall’ situe, dans l’ensemble, ses images dans cet entre-deux entre passé et présent, rêve et cauchemar, en donnant corps à la nostalgie telle qu’on la ressent : vaporeuse, fugace, presque hantée. « J’aime quand vous regardez une image et que vous n’êtes pas tout à fait sûr·e de ce que vous voyez, et que vous vous interrogez sur la façon dont elle en est arrivée là », expliquait-elle en 2022 dans une interview. « Il s’agit de trouver un entre-deux, un véritable limbe. »
Have A Butchers
1a Dunston Rd,
London E8 4FA, Royaume-Uni














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