Cecilie Bahnsen transforme le runway en studio de danse pour sa collection AH26 « Practice »
La créatrice danoise dévoile aussi le quatrième chapitre de sa collaboration avec The North Face.
Résumé
- La collection Automne/Hiver 2026 de Cecilie Bahnsen, intitulée « Practice », s’affranchissait du défilé traditionnel au profit d’une répétition de danse intimiste, en direct.
- Les pièces fusionnaient avec fluidité l’esthétique délicate du « ballerinacore », soulignant la façon dont le vêtement évolue et se meut avec le corps de celle qui le porte.
- La présentation dévoilait également, de manière officielle, le quatrième chapitre de la collaboration très convoitée de Cecilie Bahnsen avec The North Face.
Pour sa présentation Automne/Hiver 2026 à la Paris Fashion Week, la créatrice danoise Cecilie Bahnsen a repensé en profondeur le concept même du défilé. Plutôt que de livrer un moment figé, achevé, d’une perfection absolue, elle a convié son public au cœur brut et palpitant du processus créatif. Intitulée « Practice », cette collection profondément émotive a démontré que la véritable maîtrise ne réside pas dans le produit fini, mais dans le rythme infatigable et habité du travail lui‑même.
Pour donner le ton de ce rendez‑vous intimiste, le podium traditionnel s’est mué en véritable espace de répétition. Lorsque le public a pris place, le studio vibrait déjà d’activité. Portée par une collaboration poignante avec la chorégraphe Myrto Georgiadi et Oráma Atelier, une troupe de danseurs mettait les silhouettes à l’épreuve avec grâce, offrant au public le spectacle de ce subtil équilibre entre vulnérabilité et force qui définit la vision globale de Bahnsen.
Les vêtements eux‑mêmes devenaient des protagonistes vivants, vibrants, de la performance. Loin de contraindre le corps, les silhouettes FW26 se dessinaient au gré du mouvement. Des robes éthérées en satin de soie coupé dans le biais flottaient sans effort, tandis que des mailles cosy s’enroulaient nonchalamment sur les épaules des interprètes. Explorant un « ballerinacore » revisité, des couches pastel délicates et des transparences diaphanes étaient subtilement ancrées par la polaire, mariant à la perfection la délicatesse couture et la désinvolture du quotidien. Des lignes nettes et précises effleuraient les corps des danseurs avant de s’ouvrir spectaculairement aux ourlets, laissant place à une liberté et une légèreté absolues.
Au fil de la présentation, la narration glissait sans rupture du studio de répétition vers la réalité de la rue. Là, les pièces techniques de performance prenaient le devant de la scène, abondamment superposées aux détails doux et féminins signature de Bahnsen. Un tutu peplum technique remarquable insufflait un rebond singulier à la démarche, tandis que la traditionnelle broderie anglaise se voyait réinventée avec brio sur de l’organza technique.
Pour ancrer cette transition vers un vestiaire d’extérieur fonctionnel et quotidien, le très attendu quatrième chapitre de la collaboration continue de Bahnsen avec The North Face occupait une place centrale. Équilibrant avec maestria pragmatisme utilitaire et poésie du design, la capsule répondait aux tonalités claires de la collection par des nuances profondes de bleu nuit et de noir. Les pièces d’outerwear iconiques de The North Face et les sacs d’archives upcyclés étaient réimaginés à travers un prisme romantique, rehaussés de délicates broderies florales et de finitions sophistiquées qui adoucissaient leur allure technique et robuste.
En présentant une couture du quotidien en perpétuel mouvement, Cecilie Bahnsen livre un rappel puissant : les vêtements sont faits pour être portés, éprouvés, véritablement vécus. Comme la créatrice l’exprime avec justesse : « Practice n’est pas une préparation à quelque chose de plus grand. Practice est le travail lui‑même. »



















