La NASA autorise les smartphones à bord des missions Crew-12 et Artemis II
Les astronautes vont troquer leurs caméras encombrantes pour leurs propres smartphones, révolutionnant la façon de capturer et de partager les vols spatiaux avec la Terre.
Synthèse
- La NASA rompt avec des décennies de conservatisme matériel en autorisant, pour la première fois, les astronautes de Crew-12 et d’Artemis II à emporter des smartphones de dernière génération dans l’espace.
- Ce virage modernise des systèmes photo dépassés, accélère la validation des technologies et annonce une transition plus large vers l’usage d’équipements grand public dans les missions spatiales.
- Les smartphones aideront les astronautes à saisir des images plus spontanées, à nourrir leur bien-être mental et à rendre l’exploration spatiale plus humaine, plus sensible, plus proche de nous.
La décision de la NASA d’ouvrir enfin les vols habités aux smartphones modernes marque une nouvelle ère dans sa façon de penser à la fois la technologie et la narration. Dès la mission Crew-12 vers l’ISS et le survol lunaire d’Artemis II, les astronautes pourront emporter des iPhone et des appareils Android de dernière génération, plutôt que de dépendre uniquement de reflex numériques et de GoPro encombrants et vieillissants. L’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, présente ce choix comme une manière d’équiper les équipages d’outils pour immortaliser des moments précieux pour leurs proches et partager avec le monde des images et vidéos plus immédiates, tout en questionnant la pertinence de règles d’homologation figées, alors que les technologies grand public ont largement dépassé le matériel historique.
Derrière l’annonce, ce feu vert donné aux smartphones revient surtout à bousculer les processus de qualification lents et ultra-prudents de la NASA. Les équipements électroniques destinés à l’espace subissent généralement des années de tests de radiation, de contrôles thermiques, d’essais vibratoires et d’analyses d’interférences, ce qui conduit encore des missions majeures à embarquer du matériel conçu dix ans plus tôt. En accélérant l’adoption de smartphones déjà éprouvés sur des vols commerciaux et dans des expériences de nanosatellites, la NASA teste un modèle de certification plus agile, susceptible d’ouvrir la voie à davantage de composants prêts à l’emploi dans ses futures missions.
Ce changement s’accompagne aussi d’un véritable tournant culturel et humain. Les smartphones sont les objets technologiques les plus familiers au monde, et les placer entre les mains des astronautes rend ces missions lointaines plus personnelles et plus accessibles. Plutôt que de se limiter à des prises de vue léchées et longuement préparées, les équipages pourront saisir sur le vif des images plus intimistes depuis l’orbite lunaire ou l’ISS, renforçant le lien du public avec Artemis et aidant les astronautes à garder un contact plus fort avec la vie sur Terre. Pour une génération qui a grandi avec la photo au smartphone, voir ces mêmes écrans cadrer la Terre et la Lune souligne à quel point la tech du quotidien a progressé — et esquisse déjà la direction de la prochaine vague d’innovations spatiales.



















