2014 vs 2026 : 12 ans d’évolution des collections « Year of the Horse » de Nike et Jordan Brand
De la débauche de storytelling à l’artisanat raffinée : comment, en un cycle complet du zodiaque chinois, Nike et Jordan Brand ont réinventé l’Année du Cheval.
Dans le paysage de la culture sneaker, la collection du Nouvel An lunaire est passée d’un drop régional confidentiel à un rendez-vous incontournable du calendrier mondial des sorties.Cette transformation fait écho à l’implantation largement renforcée de Nike en Chine et à l’aura désormais beaucoup plus globale de la collection par rapport à il y a dix ans.À l’aube de 2026, l’Année du Cheval revient sur le devant de la scène, bouclant un cycle complet de 12 ans du zodiaque chinois. Ce reset offre l’occasion idéale de revisiter la collection 2014 et de mesurer à quel point la direction créative de poids lourds comme Nike et Jordan Brand a gagné en maturité au cours de la dernière décennie.
En se replongeant dans les sorties de 2014, Nike et Jordan Brand évoluaient en plein âge d’or du storytelling maximaliste. L’esthétique était littérale, clinquante et résolument festive. La pièce maîtresse, le pack Jordan Brand « Year of the Horse » – emmené par la Air Jordan 1 Mid et la Melo M10 – se distinguait par des cuirs noirs vernis et des graphismes équins irisés, déclinés dans des nuances vibrantes de rouge, de rose et de violet. Dans le même esprit, la Nike Kobe 8 System adoptait une approche sans compromis, avec des écailles graphiques rouges et de grands caractères chinois. En 2014, la sneaker était un objet festif pensé pour capter tous les regards, à l’image d’une époque où les silhouettes de basket performantes et affirmées régnaient autant sur le parquet que dans la rue.
Avance rapide jusqu’en 2026 : la trajectoire esthétique s’est radicalement déplacée. Cette nouvelle vague sneaker est portée par une évolution nette des attentes des consommateurs. Le public contemporain se détourne des designs tape-à-l’œil et des codes de branding démonstratifs. Désormais, le marché privilégie les détails réfléchis – une sophistication qui se lit dans la construction, la qualité des matières et les jeux de texture plutôt que dans la surenchère chromatique.
Si la marque rend hommage à son héritage en rééditant cette année la Kobe 8 « Year of the Horse » dans ses couleurs vibrantes, le cœur de la collection 2026 privilégie l’intentionnel à l’excentrique. Des tonalités sophistiquées, terreuses, comme « Light Chocolate » et « Light British Tan » prennent le pas sur les finitions tapageuses du passé,offrant une portabilité qui évoque le pelage naturel de l’étalon fantasmé. La Air Jordan 1 Low MM V3 en est l’incarnation, avec un cuir inspiré de la sellerie et des empiècements en pony hair au rendu artisanal, tandis que la Air Jordan 1 Low OG « CNY » 2026 insuffle de la culture par le biais d’un travail de finition subtil – délicates broderies florales et rouleau dissimulé sur la languette délivrant un message chinois poétique. Ce prisme lifestyle s’invite aussi sur le parquet : des silhouettes performance comme la Jordan Luka 5 s’habillent désormais de teintes sourdes, façon argile, pour que l’innovation high-tech reste en tête d’affiche tout en gagnant en désirabilité au quotidien, même en dehors du terrain.
En 2014, la collection « Year of the Horse » revendiquait une affirmation de soi flamboyante, alors qu’en 2026, la sneaker s’impose comme un pilier discret d’une garde-robe contemporaine, pensée autour de la technicité et d’une certaine idée de l’utile chic. L’acheteur d’aujourd’hui ne se contente plus d’un objet souvenir commémoratif : il recherche un style pérenne, capable de dépasser la fête elle-même. En répondant à cette quête de longévité, la collection démontre que si le cycle zodiacal de 12 ans reste immuable, le langage du design sneaker, lui, ne cesse de se réinventer.



















