Faillite de Saks Global : des dettes de plusieurs millions de dollars envers les géants du luxe, dont Chanel et Kering
Révélé après le dépôt de bilan de Saks Global sous le Chapter 11 de la loi américaine sur les faillites.
Résumé
- Le dépôt de bilan de Saks Global révèle plus de 700 millions de dollars US de dettes envers ses plus grands créanciers non garantis, avec des maisons de luxe iconiques comme Chanel (136 millions de dollars US) et Kering (60 millions de dollars US) en tête de liste.
- Cette instabilité financière est particulièrement dévastatrice pour les créateurs indépendants de plus petite taille, dont beaucoup dépendent du distributeur pour près de la moitié de leur chiffre d’affaires et se retrouvent aujourd’hui confrontés à des millions de dollars US de factures fournisseurs impayées.
- Malgré l’ampleur de ses dettes, les grandes marques devraient continuer à collaborer avec l’entreprise dans le cadre de son nouveau plan de financement de 1,75 milliard de dollars US, Saks demeurant un canal de distribution clé, à très fort volume, pour le marché du luxe américain.
Les retombées financières de la mise sous protection du Chapter 11 de Saks Global ont mis au jour un impressionnant « who’s who » de la dette au sein de l’industrie de la mode. Les documents judiciaires issus de la procédure de faillite au Texas révèlent que le géant de la distribution – maison mère de Saks Fifth Avenue, Neiman Marcus et Bergdorf Goodman – doit plus de 700 millions de dollars US à ses 30 principaux créanciers non garantis, pour un total de passifs estimé entre 1 et 10 milliards de dollars US.
En tête de liste figure Chanel, à qui est due la somme vertigineuse de 136 millions de dollars US. Parmi les autres poids lourds du luxe lourdement exposés, on retrouve Kering (Gucci, Balenciaga) à hauteur de 60 millions de dollars US, Capri Holdings (Michael Kors, Jimmy Choo) à 33,3 millions de dollars US et LVMH (Louis Vuitton, Dior) à 26 millions de dollars US. La liste va au-delà du prêt-à-porter et inclut également Christian Louboutin (21,5 millions de dollars US) et The Estée Lauder Companies (16 millions de dollars US).
Pour de nombreuses marques, l’enjeu central est désormais de récupérer ces sommes. Dans une procédure de faillite, les créanciers non garantis se retrouvent généralement tout au bout de la file pour être remboursés. Si les grands conglomérats peuvent souvent absorber de telles pertes, les experts du secteur alertent sur des « difficultés extrêmes » pour les créateurs indépendants de plus petite taille, qui peuvent dépendre de Saks Global pour jusqu’à 50 % de leur activité. Malgré cette ardoise, de nombreuses marques devraient continuer à livrer leurs collections afin de préserver leur présence sur le marché, portées par le nouveau financement de 1,75 milliard de dollars US obtenu par Saks pour stabiliser ses opérations et sécuriser les paiements futurs aux fournisseurs.



















