Leonardo DiCaprio s’inquiète de l’avenir incertain des salles de cinéma
Un portrait d’une industrie à un tournant décisif.
Résumé
-
Leonardo DiCaprio s’est dit préoccupé par l’avenir du grand écran, se demandant si le grand public a encore l’appétit pour l’expérience traditionnelle de la salle de cinéma.
-
L’acteur souligne que l’industrie évolue à une vitesse fulgurante et observe qu’à mesure que documentaires et drames migrent vers le streaming, les salles risquent de devenir des silos ultra‑spécialisés, à l’image des clubs de jazz.
-
Les réflexions de DiCaprio mettent en lumière une transition majeure du cinéma, où les récits centrés sur les personnages ne bénéficient plus que de courtes fenêtres de sortie en salles avant d’être relégués sur les plateformes numériques.
Dans un paysage dominé par les clips viraux et le streaming instantané, Leonardo DiCaprio met des mots sur les inquiétudes feutrées d’une grande partie de l’élite hollywoodienne. Lors d’une récente table ronde du milieu, laOne Battle After Another star s’est demandé si « les gens ont encore l’appétit » pour les salles obscures lors de sa récente interview avecThe Times of London. Alors que la traditionnelle « fenêtre » de sortie en salles ne cesse de se réduire, les observations de DiCaprio dressent le portrait d’une industrie à un tournant crucial.
Le lauréat de l’Oscar précise qu’il ne s’agit pas d’une simple tendance, mais d’une restructuration fondamentale de notre façon de consommer l’art. « Ça change à une vitesse fulgurante », estime DiCaprio à propos de l’industrie du film. « Nous vivons une immense transition. D’abord, les documentaires ont disparu des salles. Aujourd’hui, les drames n’ont droit qu’à un temps limité et le public attend de les voir sur les plateformes. Je ne sais pas. » Sa réflexion la plus poignante porte toutefois sur le destin culturel potentiel du grand écran lui‑même. Il se demande si les salles ne vont pas « devenir des silos – comme les bars de jazz ? » Une comparaison qui esquisse un futur où la sortie au cinéma ne serait plus une pratique de masse dominante, mais une expérience pointue, de niche, réservée aux puristes et aux passionnés — à l’image du jazz, passé du statut de pilier populaire des ondes radio à celui de plaisir confidentiel de club. DiCaprio espère que les cinéastes de demain continueront à montrer leurs œuvres sur grand écran : « J’espère simplement que suffisamment de vrais visionnaires auront la chance de faire des choses uniques à l’avenir, qui seront vues en salle », ajoute‑t‑il. « Mais cela reste à voir. »
Plus loin dans l’entretien, DiCaprio évoque aussi la manière dont l’IA a redessiné le périmètre de l’industrie : « Cela pourrait être un outil d’amplification pour un jeune réalisateur, pour faire quelque chose qu’on n’a jamais vu. Mais je pense que tout ce qui sera véritablement considéré comme de l’art doit venir de l’être humain. Sinon… vous n’avez jamais entendu ces morceaux, ces mashups absolument brillants où vous vous dites : “Oh mon Dieu, c’est Michael Jackson qui fait du The Weeknd”, ou “c’est le funk du morceau ‘Bonita Applebum’ de A Tribe Called Quest, interprété avec une sorte de voix soul à la Al Green, et c’est génial.” Et là vous vous dites : “Cool.” Mais ensuite, ça a ses 15 minutes de gloire et ça se dissout dans l’éther des autres déchets d’internet. Il n’y a rien qui l’ancre. Il n’y a aucune humanité là‑dedans, aussi brillant que ce soit. » Et pendant que des spectacles à très gros budget commeAvatar continuent d’attirer les foules, les propos de DiCaprio révèlent une angoisse croissante : sans ces drames de « milieu de gamme », le cinéma risque de perdre son statut de cœur collectif du récit.


















