La haute couture printemps 2026 de Gaurav Gupta célèbre une unité universelle
La nouvelle collection couture de Gaurav Gupta est un tour de force technique à couper le souffle, qui tisse les fils de la philosophie ancienne dans la trame même de l’univers.
Résumé
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La collection Couture printemps 2026 de Gaurav Gupta, intitulée « The Theory of Everything », puise dans la philosophie indienne de l’advait pour bousculer les clivages binaires et célébrer une réalité indivisible, en perpétuelle mutation.
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La présentation se déployait comme une chronologie spirituelle de l’existence, recourant à des volumes architecturaux noirs pour figurer le Big Bang avant de se muer en robes complexes, hérissées d’écailles pseudo-reptiliennes et de motifs floraux.
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L’innovation technique ancrait ce récit conceptuel : le créateur détournait des pièces de mouvements horlogers en sequins, développait des techniques de fils arachnéens pour symboliser les flux d’énergie et travaillait des éléments de résine changeante pour évoquer les abysses du cosmos.
Pour sa présentation Haute Couture printemps 2026, Gaurav Gupta s’est affranchi du simple statut de styliste de la forme pour se muer en véritable philosophe de l’infini. Intitulée « The Theory of Everything », la collection offrait une exploration magistrale de l’« advait », ce concept philosophique indien d’une réalité non binaire et indivisible. Ce récit profondément intime est né de la convalescence bouleversante de Gupta, vécue aux côtés de son compagnon, le poète Navkirat Sodhi : cette expérience partagée les a conduits à rejeter les étiquettes rigides au profit d’un « continuum » fluide, en perpétuelle évolution.
Le défilé s’est déroulé comme une vertigineuse chronologie de l’existence. Il s’ouvrait sur le Big Bang, matérialisé par des volumes architecturaux noirs et des broderies façon poussière d’étoiles, tandis qu’un mannequin traversait la passerelle en total look noir, le visage seul illuminé. Suivait une série d’autres silhouettes monochromes, aussi poétiques qu’hypnotiques, et à mesure que l’univers s’étendait, la virtuosité technique de Gupta gagnait en intensité. Il réinventait littéralement le temps en détournant des pièces de mouvements de montres en sequins métalliques, tandis que de nouvelles techniques de fils tissés comme une toile d’araignée mimaient la circulation invisible de l’énergie. L’un des instants les plus saisissants fut la « twin silhouette », lorsque deux mannequins défilaient main dans la main, leurs corps littéralement enlacés par une dentelle enchevêtrée.
L’évolution de la vie prenait forme dans des robes hérissées d’écailles pseudo-reptiliennes et des colonnes blanches qui semblaient s’ouvrir en nuées de fleurs en éclosion. Cette odyssée spirituelle culminait avec une robe finale composée de milliers d’éléments de résine aux tonalités changeantes, rappelant la profondeur des clichés interstellaires. Si la philosophie se révélait dense, la mise en scène restait « furieusement séduisante », rappelant au public pourquoi Gupta est l’un des favoris du tapis rouge pour des icônes comme Beyoncé et Cardi B. Une collection qui ne se contentait pas d’habiller le corps : elle ambitionnait de draper l’âme même du cosmos.
















