Feng Chen Wang AH26 explore des énergies divergentes
La designer Feng Chen Wang revisite les « Deux Forces » de la philosophie chinoise pour révéler la beauté qui naît d’une tension active.
Synopsis
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Ancrée dans le principe de Liang Yi, la collection explore la coexistence d’énergies divergentes – raison versus instinct, structure versus émotion – mise en scène sur un runway habité d’iconographie mythologique et d’animaux de compagnie bien réels.
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L’esthétique s’articule autour d’un jeu rigoureux de contrastes, mariant des tailleurs architecturés et des matières denses comme la laine et le cuir à des panneaux de nylon déconstruits et à des textures « parfaitement imparfaites » éclaboussées d’encre.
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En célébration du Nouvel An lunaire placé sous le signe du Cheval, le défilé intégrait des grigris Dragon-Horse symboliques et un denim très travaillé, teint à la main, pour incarner l’élan cyclique et la vitalité durable d’un système en mouvement perpétuel.
Feng Chen Wang a transformé le runway parisien en champ d’énergie philosophique, dévoilant une collection automne-hiver 2026 qui délaisse le récit traditionnel au profit d’une étude ontologique profonde, ancrée dans le principe philosophique chinois de Liang Yi, ou les « Deux Forces ». Cette saison s’intéresse à la façon dont des énergies divergentes – structure et instinct, raison et émotion – ne fonctionnent pas comme des oppositions, mais comme un système unique d’équilibre en mouvement. Le runway devient un champ d’énergie métaphorique reliant les royaumes mythiques de la mer et de la montagne, où les mannequins défilent aux côtés de véritables animaux de compagnie pour ramener une philosophie très conceptuelle à l’intimité du réel. Cette interaction symbolise la coexistence naturelle de l’ordre humain et de l’instinct animal, suggérant qu’un véritable équilibre naît d’une tension active plutôt que d’une harmonie figée.
Lors d’une interview après le show, Feng Chen Wang a réaffirmé la philosophie de « Liang Yi », expliquant que sa collection « parle vraiment d’une autre manière de penser la façon dont nous vivons nos journées. Vous avez aussi vu des chiens marcher avec leurs propriétaires pendant le défilé, ainsi que des chevaux [sur les sacs], en clin d’œil au prochain Nouvel An lunaire… Je trouve très intéressant de réunir tout cela… deux forces, un seul mouvement. » Elle a poursuivi : « Les détails, cette saison, fonctionnent eux aussi comme deux forces. L’une est très élégante, avec beaucoup de tailoring, très détaillée, de très haute qualité. De l’autre côté, par exemple le denim, le délavage, on dirait qu’il a été écrasé, détruit, mais il tient toujours. Les matières très élégantes – cuir et laine – face au denim peint à la main, se rejoignent comme deux forces distinctes qui cohabitent de manière harmonieuse. Il s’agit de la façon dont l’imperfection parfaite trouve sa cohérence. »
Les silhouettes traduisent cet équilibre dynamique par un jeu rigoureux d’opposés, où des tailleurs affûtés à la construction architecturale et des costumes structurés posent des lignes nettes aussitôt bousculées par des panneaux déconstruits et des volumes froncés en nylon. La collection s’ancre dans des matières denses comme la laine, le duvet et le cuir, aussitôt perturbées par des textiles légers et des surfaces à l’allure animale. Ces textures « parfaitement imparfaites », marquées de projections d’encre et de griffures, deviennent les traces assumées d’un ordre interrompu par l’instinct. Cette tension est encore amplifiée par un denim teint à la main au terme de processus exhaustifs pour obtenir une patine usée, comme une surface travaillée par le temps, retenue par de profonds fonds ton sur ton.
En clin d’œil au Nouvel An lunaire placé sous le signe du Cheval, des grigris Dragon-Horse récurrents ponctuent le stylisme comme des ancrages silencieux, symbolisant l’élan cyclique et une vitalité inaltérable. La collection se lit in fine comme un exercice de retenue et de projection, puisant sa force dans l’immensité de l’espace qui sépare deux pôles opposés. En tenant dans un même look la maîtrise et la désinvolture, la saison avance avec un contrôle inébranlable, portée par la tension même qui la fait vivre, prouvant que la beauté réside dans un système d’équilibre en mouvement constant, mais pleinement intentionnel.


















