La prochaine performance d’Ai Weiwei : une installation de boutons de 30 tonnes
Après une gigantesque enchère sur Twitter en 2019, l’artiste dissident a gardé cette collection presque secrète… jusqu’à aujourd’hui.
Résumé
- L’artiste de renom Ai Weiwei transforme sa collection de 30 tonnes de boutons en huit immenses drapeaux pour Button Up!, une nouvelle exposition à Manchester
- Inaugurée cet été, l’exposition présente « Eight-Nation Alliance Flags », une nouvelle série d’œuvres textiles, aux côtés d’une version en 2D de « History of Bombs », composée de 3,5 millions de briques Lego.
En 2019, Ai Weiwei a acheté l’intégralité du stock de A Brown and Co Buttons, une fabrique textile du sud de Londres alors en faillite, laissant beaucoup de gens se demander : que comptait faire l’artiste de 30 tonnes de boutons ? Après l’installation marquante « F.U.C.K. » à la galerie Lisson en 2024, la fascination d’Ai s fascination with the everyday object continues to unravel, and is set to take center stage in the forthcoming, aptly-titled pour cet objet du quotidien ne cesse de se déployer, et s’apprête à occuper le devant de la scène dans la prochaine exposition, au titre plus que parlant, Button Up! présentée à Manchester
The ex-warehouse venue will host “Eight-Nation Alliance Flags,” a new body of textiles. Made for the space, the installation probes into the history of industrialization and globalization through the fabric of material culture. Each flag is made from 9,000 buttons, meticulously sewn, netted and assembled by a team of women artisans in Shandong, China, where the collection has been stored for the last several years. Together, the bits and pieces of porcelain, cotton, glass and bronze tell a story of consumption in globalized world. In addition to the flags, the exhibition will debut an 80-foot 2D version of Aià Factory International à partir du 2 juillet.Cet ancien entrepôt accueillera « Eight-Nation Alliance Flags », une nouvelle série d’œuvres textiles. Conçue pour le lieu, l’installation explore l’histoire de l’industrialisation et de la mondialisation à travers le prisme de la culture matérielle. Chaque drapeau est composé de 9 000 boutons, minutieusement cousus, maillés et assemblés par une équipe d’artisanes du Shandong, en Chine, où la collection est conservée depuis plusieurs années. Ensemble, ces fragments de porcelaine, de coton, de verre et de bronze racontent une histoire de consommation dans un monde globalisé. En plus des drapeaux, l’exposition dévoilera une version en 2D de 80 pieds de « History of Bombs » d’Ai
The work link ideas of labor and industrial capitalism, namely between England and China, through textile history. It references the eight national alliance countries – Britain, France, Germany, Italy, Japan, Russia, the U.S. and, at the time, Austria-Hungary– that invaded China to quell its 1900 Boxer Rebellion, which aimed to squash Western influence.
, œuvre emblématique réalisée entièrement en briques Lego.« Venir dans cette ville pour cette exposition – berceau de la Révolution industrielle – et réfléchir à l’expansion territoriale de la Grande-Bretagne à l’échelle mondiale m’a fait comprendre qu’il me fallait explorer cette histoire et saisir comment elle se relie aux forces qui alimentent les guerres et crises mondiales d’aujourd’hui », a déclaré l’artiste dans un récent communiqué.L’œuvre relie les notions de travail et de capitalisme industriel, notamment entre l’Angleterre et la Chine, à travers l’histoire textile. Elle renvoie aux huit pays de l’alliance – Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie, Japon, Russie, États-Unis et, à l’époque, Autriche-Hongrie – qui ont envahi la Chine pour réprimer la révolte des Boxers de 1900, destinée à contrer l’influence occidentale.
Cette question de l’accès aux vêtements revêt aussi une dimension très personnelle pour l’artiste, a confié Low Kee Hong, directeur de la création de Factory International, au
The Times. Alors qu’il était emprisonné en Chine, Ai a dû attendre un mois pour obtenir l’autorisation d’avoir une aiguille et du fil pour raccommoder un pantalon déchiré, « et même là, des gardes armés sont entrés et sont restés à le regarder ».Ai, connu pour repousser les limites de l’activisme à travers des œuvres monumentales, voit le passé comme un reflet clairvoyant de notre présent et de notre futur imminent : « Le monde d’aujourd’hui est profondément divisé, avec la tragédie partout autour de nous, poursuit-il. Comprendre l’histoire va de pair avec le fait de défendre la vérité et la justice. »Button Up!
ouvrira le 2 juillet et restera à l’affiche jusqu’au 6 septembre. Rendez-vous sur le site


















