La collection Austin Post de Matt McCormick réinvente la mythologie du cowboy
Dans une interview exclusive, Hypebeast dévoile la collaboration de Matt McCormick avec le label éponyme de Post Malone, Austin Post.
La marque éponyme de Post Malone, Austin Post, et l’artiste basé à Los Angeles Matt McCormick ont co‑créé une capsule articulée autour de leur exploration commune de l’iconographie western. Dans une interview exclusive accordée à Hypebeast, McCormick revient sur les œuvres qui ont inspiré cette collection en édition limitée, en mettant particulièrement l’accent sur la mythologie du cowboy, archétype emblématique de l’imaginaire américain.
Marquant le tout premier volet de la Studio Series, la capsule en édition limitée de l’artiste s’inscrit dans une initiative continue portée par des artistes et des figures culturelles dont le travail est en phase avec la vision de la marque.
De fait, l’esthétique du musicien devenu designer et la pratique de McCormick abordent des thèmes similaires. Le mélange de médiums et de styles chez McCormick, qui explore les archétypes américains avec une sensibilité western, fait écho à la fois à la musique de Post Malone et à son label lancé récemment.
Par exemple, prenez Ceremony Of Certainty: composée d’un paysage désertique imprimé en jet d’encre délavé, sur lequel se superpose une illustration de cowboy dessinée au fusain, l’artiste explique avoir voulu « créer une tension entre la technique plus moderne de l’impression jet d’encre et le style classique du dessin au fusain ».
« Quand j’ai commencé à travailler sur cette série, j’étais très intéressé par l’idée d’utiliser des imprimantes en fin de vie pour créer des images dans un esprit presque quitte ou double. Il se passait quelque chose avec les couleurs et les textures des arrière‑plans lorsqu’on les faisait passer en continu dans ces vieilles imprimantes, et cela produisait un moment visuel vraiment fascinant », confie McCormick.
Ces tensions entre modernité et classicisme, entre numérique et fait main, se ressentent autant dans la fusion sonore de Post Malone — un hip‑hop dopé aux 808 mêlé à de l’Americana folk rock — que dans la façon dont sa marque confronte un streetwear minimaliste à des classiques western comme les chemises à carreaux et les blousons trucker en suède.
Pour cette nouvelle sortie, les deux partenaires dévoilent cinq silhouettes déclinées en plusieurs coloris, parmi lesquelles des tee‑shirts, un hoodie et un sweat col rond, chacun orné de visuels inspirés du travail de l’artiste. À l’avant de chaque pièce, un discret imprimé typographique « At First Light — Season One » fait un clin d’œil au lancement FW25 de la marque, tandis que le dos est barré d’une œuvre de McCormick.
« Il s’agissait vraiment de faire en sorte que les pièces incarnent le même processus que celui que j’ai employé pour réaliser les œuvres originales. »
Ce n’est pas le premier rodéo de McCormick dans la mode. Il y a dix ans, l’artiste a lancé sa propre marque, One of These Days, transposant directement son langage visuel dans le prêt‑à‑porter. « Je connais bien le processus, mais ce qui était formidable avec Austin Post, c’est qu’ils tenaient vraiment à traiter l’art comme de l’art et non comme un simple motif graphique, ce qui était extrêmement rafraîchissant », dit‑il. « Il s’agissait vraiment de faire en sorte que les pièces incarnent le même processus que celui que j’ai employé pour réaliser les œuvres originales. »
Par ailleurs, Post Malone n’est pas le premier musicien avec lequel McCormick collabore. Ses œuvres ont servi de pochettes d’album à une large palette d’artistes — de la pop star portoricaine Bad Bunny au rappeur Don Toliver, en passant par le chanteur country Zach Bryan. « La musique est au centre de mon existence. Elle tourne en permanence et dicte toujours mon humeur », confie‑t‑il. « Travailler avec des musiciens a été un véritable cadeau, car c’est une petite façon pour moi de participer à cette conversation. Presque chaque moment de ma vie est porté par la musique, d’une manière ou d’une autre », ajoute‑t‑il.
Tout comme les pièces de McCormick, la discographie de Post Malone s’est construite dans un jeu permanent de contrastes. Son single révélateur de 2015, « White Iverson », était un titre R&B/hip‑hop viral, apparu sur Soundcloud avec un chant auto‑tuné et une production trap minimaliste. Près d’une décennie plus tard, le son de son LP 2024, F-1 Trillion tranche radicalement — un album résolument country, avec des collaborations de légende comme Dolly Parton et Tim McGraw. À ce stade de sa carrière, à la fois musicien et designer, Post Malone incarne indéniablement une facette contemporaine de la figure du cowboy brut de décoffrage.
Pour McCormick, le cowboy représente bien plus qu’une nostalgie romantique ou une simple esthétique de surface. Il le perçoit plutôt comme un « symbole de l’Americanisme » à l’échelle mondiale, et comme une allégorie de la masculinité contemporaine. Cependant, plutôt que d’imposer une lecture précise, McCormick préfère « juxtaposer des repères culturels apparemment incompatibles ou éloignés pour créer un dialogue qui n’aurait sans doute pas eu lieu autrement ».
« Ce n’est pas très difficile d’enfiler le costume et, ne serait‑ce qu’un instant, de prétendre que l’on incarne la mythologie de ce personnage. »
En plus de Ceremony of Certainty, McCormick présente pour la première fois Among the Low Light comme autre visuel phare. L’élaboration de cette pièce a été « une manière de traiter l’image du cowboy comme un souvenir presque effacé du passé ».
Souhaitant élargir le spectre de son style, McCormick a cherché à reproduire l’effet d’une sérigraphie en peignant ses toiles à la main. Dans le cadre de cette série en cours, il a créé une patine délavée grâce à un processus minutieux, « en construisant lentement les couleurs, en frottant la peinture sur la toile encore et encore avec un chiffon et un mélange de peinture et de diluant ».
Comme on le devine aisément à travers les tableaux et la multitude d’objets qui peuplent son atelier, le cowboy est un personnage omniprésent dans l’univers de McCormick. Il estime que cet archétype a traversé les décennies parce qu’il offre une « représentation visuelle » constante de l’Amérique, qu’il compare volontiers « à une canette de Coke, une tarte aux cerises ou un pick‑up Ford ».
Cependant, il souligne que « la grande différence avec ces objets, c’est qu’il est très facile pour chacun de s’imaginer ou de se projeter dans la figure du cowboy ». « Ce n’est pas très difficile d’enfiler le costume et, ne serait‑ce qu’un instant, de prétendre que l’on incarne la mythologie de ce personnage. »
La collection Matt McCormick x Austin Post sortira le jeudi 11 décembre, à 8 h (PT) / 11 h (ET), exclusivement sur austin-post.com.



















