Cyril Benzaquen, ce champion français de kick-boxing aussi immense que méconnu

Entretien avec un passionné, en marge de la défense de son titre de champion du monde.

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Sports 

Début juin, l’équipe de France de football était reçue en grande pompe à l’Élysée pour recevoir la Légion d’honneur, en vertu de son titre de champion du monde glané l’été dernier en Russie. Cyril Benzaquen, lui, n’a pas eu droit à cette reconnaissance. Pourtant, champion du monde, il l’est. Et pas qu’une fois, mais quatre. Consacré en boxe thaï en 2014, il a ensuite gagné une ceinture en kick-boxing qu’il remettra ce jeudi pour la quatrième fois en jeu au Palais des Sports de Paris, face à l’Espagnol Daniel Frigola. Un événement pour lequel il s’est préparé intensément. Y compris en dehors des rings… puisqu’il organise lui-même le show où il combattra. Curieux ? Logique : le boxeur s’est donné pour mission de faire rayonner son sport, au-delà de ses seules victoires sur les rings.

Photo Cyril Benzaquen

Son plus grand combat, la reconnaissance de son sport

Si on devait le définir en un mot, on dirait de Cyril Benzaquen qu’il est un passionné. De ses débuts dans la boxe à l’âge de 14 ans, il “s’est découvert un sport” qui lui a plu au point qu’il veuille s’y consacrer corps et âme. “J’ai senti que c’était ce que j’aimais faire, et si j’aimais le faire, autant le faire professionnellement, en faire mon métier, être le meilleur. Quand tu es passionné, tu as envie de te challenger“, nous assure-t-il entre deux séances musclées dans sa salle d’entraînement en région parisienne, quelques jours avant son combat. Mais si les défis ne manquent pas sur les rings, comme l’illustrent ses récents débuts dans la boxe anglaise, pointe un souci : il est difficile de vivre de son sport. “On est très très peu d’athlètes à vivre de la boxe, et encore moins nombreux du kick-boxing, explique l’athlète. Moi aujourd’hui comment j’en vis, principalement avec mes partenaires, comme Everlast qui me soutient depuis peu et dont je suis fier d’être le premier ambassadeur mondial du kick-boxing, des petites opérations à gauche à droite, et mes combats. Mais c’est un écosystème qui ne permet pas de bien en vivre, la boxe pieds-poings est un peu renfermée, obscure, pas médiatisée“. Une situation qu’il a donc entrepris d’inverser.

Photo Cyril Benzaquen

Cyril a ainsi effectué un cursus académique qui lui permet aujourd’hui de servir sa discipline en dehors des rings. “J’ai été étudiant à Dauphine, où j’ai fait une licence et un Master marketing/entrepreneuriat. Pendant mes études j’ai assez vite pris conscience de cet écosystème de la boxe, et je me suis dit que je devais essayer d’utiliser les outils, tout ce que je voyais à l’école en marketing, pour marketer mon sport afin d’en vivre bien, et pour quand j’arrêterai dans dix ans, voir des jeunes débarquer et pouvoir en vivre directement“, poursuit-il. C’est ainsi qu’il s’est lancé dans la production de combats. Il en organise un premier en 2015 au sein même de son université, en guise projet de fin d’études. L’occasion d’une autre prise de conscience. “Le succès a été au rendez-vous, on remplit la salle, 800/900 personnes, belle retombée presse, canon. Et derrière ça, je décroche un contrat avec la SMEREP, une mutuelle étudiante qui m’offre un contrat de sponsoring sur trois ans. Là, j’ai l’impression que quand on fait des événements c’est différent, parce que parallèlement, dans les organisations boxe c’est très fermé et seulement le milieu du sport est au courant“, déclare Cyril. Il réédite donc la chose en 2017 à Coubertin. Pour ce jeudi, ce sera le Dôme. Avec l’ambition d’une double victoire, en termes de performance et de visibilité. Raison pour laquelle il a préféré dealer la retransmission avec une chaîne publique plutôt que privée, L’Équipe, “un choix risqué financièrement” mais témoignant de sa “volonté de démocratiser le sport“.

Photo Cyril Benzaquen

Habile sur les rings, et dans la gestion de son image

Pour démocratiser le kick-boxing, Cyril a donc fait le choix d’user en premier lieu de son image. “À Dauphine, la première chose qu’on nous a dite, c’est que ‘la réussite sportive, c’est premièrement la performance, deuxièmement la notoriété’, et par notoriété on entend comment construire son image“, nous explique-t-il. Homme intelligent autant que photogénique, il a ainsi, en plus de ses études, été mannequin. “Ma meilleure pote m’avait dit ‘la boxe c’est photogénique, fais un book, tu verras, tu auras des propositions’. J’ai fait ça, et de fil en aiguilles, je fais deux trois campagnes comme modèle. Et j’ai eu la chance de rencontrer Jean-Paul Gaultier, qui m’a habillé pour mes combats, notamment en 2015 et 2016“, assure-t-il, avant d’endosser ce jeudi un peignoir confectionné par une grande Maison. De là, il cultive l’image du boxeur/diplômé/mannequin, qui a su capter l’attention des médias. “Les médias, aujourd’hui, à l’heure actuelle, de manière frontale, ils n’en ont rien à foutre du kick-boxing. Par contre, ils s’intéressent aux histoires, et la mienne les intéresse. Et avec mon histoire, ils rentrent dans mon sport. C’est ça mon objectif : les faire entrer dans mon sport, et les faire y rester. J’espère qu’ils y resteront malgré tout, le jour où il n’y aura que de la performance“.

Photo Cyril Benzaquen

Photo Cyril Benzaquen
Si les médias suivent Benzaquen, suivront-ils toujours le kick-boxing quand il aura raccroché les gants ? “Je suis optimiste pour mon sport au niveau amateur“, déclare-t-il, voyant de plus en plus de pratiquants dans les salles, “et encore plus en boxe pieds-poings“, décrite comme “très harmonieuse pour le corps“. Mais en parallèle, la boxe pro “reste encore en marge“. Un paradoxe qu’il s’échine à effacer, pour développer le sport qu’il aime, et dont il n’a de cesse de faire les éloges. Jusqu’à se faire poète. “La boxe, c’est authentique. Tout le monde fait des combat, tout le monde en mène dans sa vie. Et il n’y a rien de plus symbolique de vrai combat, le combat au sens propre, que le combat de boxe. Derrière, il fait écho à tous les combats que tu mènes“, nous glisse-t-il en guise de conclusion. Démocratiser la boxe pour permettre à ses futurs athlètes professionnels d’en vivre, voilà le plus important des combats de Cyril Benzaquen. Un combat plus lointain que celui de jeudi, de longue haleine. Dont la victoire se mesurera peut-être, un jour, avec une reconnaissance officielle.

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