À Quelques Heures De L'Annonce Du Lauréat Du Prix LVMH, Voilà Tout Ce Qu'il Faut Savoir Au Sujet Des Finalistes

L’heureux élu sera désigné demain.

Mode

Alors que Bernard Arnault nommait son fils Antoine à la tête de la communication du groupe LVMH, le Prix LVMH va bientôt être décerné. Cette année, plus de 1300 candidats se sont présentés à la cinquième édition du Prix LVMH, représentant plus de 90 pays à travers le globe. Les 1er et 2 Mars derniers, les collections de 20 jeunes designers étaient retenues par 48 spécialistes du monde de la mode. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 9 en liste, et se présenteront aujourd’hui devant le jury à la Fondation Louis Vuitton.

Avant qu’un lauréat ne soit désigné, retour sur 9 talents d’exception, et les trois aspects qui nous ont marqué chez chacun d’entre eux.

A-COLD-WALL, la working class street
Samuel Ross, fondateur :“Quand j’étais gamin, je me souviens avoir pleuré pour un sac Nike que je ne pouvais pas me payer. A l’âge de 15 ans, je réalisais des faux produits Nike et adidas, et je les vendais à mes potes.

1. A-COLD-WALL est un pur produit de la street culture anglaise. C’est à la fois un symbole fort, et un des éléments qui composent le clash des classes sociales dans le paysage brittanique.
2. Les collections ne sont disponibles que chez 6 revendeurs à travers le monde, parmi lesquels Harvey Nichols au UK, Barneys à New York, United Arrows au Japon et IT à Hong Kong. Cela s’explique par le fait que Samuel Ross, le fondateur, ait besoin d’espace et de moyens pour recréer sa propre expérience retail. Les shops où il distribue doivent pouvoir accueillir une installation complète, avec du son, de la vidéo.
3. Tous ces sons sont réalisés par Ross. Il récupère des titres venant de chorales européennes traditionnelles, et recrée ainsi une ambiance presque religieuse. L’idée d’une certaine spiritualité, d’une perfection via la religion est quelque chose qui le fascine.

Plus d’infos sur Instagram @acoldwall

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DOUBLET, l’inclassable innovation
Masayaki Uni, co-créateur :“Le besoin de créer une chaussure confortable, de palier à l’inconfort, limite le design. Je crée des vêtements en gardant cette même contrainte en tête.

1. La marque résulte de l’union créative entre le créateur Masayuki Ino et l’artiste contemporain et patronnier Takashi Murakami.
2. Les collections sont un hommage à de multiples sous-cultures, faisant ainsi référence au punk des années 80, aux sports universitaires made in USA, tout en gardant quoi qu’il arrive la notion de confort. L’ambition première est en effet de créer des pièces pour tous les jours. Au coeur des collections gravitent donc des basiques comme des hoodies, track pants, et t-shirts raglan.
3. Pour autant, Doublet ce n’est pas du streetwear. Ni de la high fashion. Masayuki Ino explique vouloir changer l’image du vêtement casual en quelque chose qui n’a encore jamais été vu. Il se saisit de vêtements communs pour y ajouter des éléments subversifs, coud deux moitiés de t-shirts différents ensemble, laisse une broderie de lettrage inachevée, et crée ainsi quelque chose de nouveau.

Plus d’infos sur Instagram @__doublet__

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ECKHAUS LATTA, l’avant-gardisme cru
Zoe Latta & Mike Eckhaus, fondateurs :“Nous aimons la zone grise entre la mode et l’art.

1. Dans les pas d’un Shayne Oliver, Zoe Latta et Mike Eckhaus défendent une mode avant-gardiste et sexy. Le duo se situe dans une esthétique tout autant gender-fluid, une optique tout aussi irrévérencieuse, mais diffère dans sa radicalité, moins piquante. Les références artistiques vont bon train au coeur de collections qui redynamisent un vestiaire contemporain à grands renforts de coupes originales.
2. La marque a choisi pour incarner ses collections des modèles atypiques. Mais vraiment atypiques. Non les mannequins ne sont pas juste roux, ou juste un peu dodus. Ils sont transexuels, elles sont enceintes, anonymes. Autant de filles que de garçons défilent, grands, petits, sans genre. Eckhaus Latta cherchait à se rapprocher au maximum de ceux qui font leur entourage direct : métisses, mélanges, hétéroclites.
3. Pour leur campagne Printemps/Été 2017, le duo nous replonge dans l’imagerie porno chic des années 2000, avec un message différent. Eckhaus Latta choisit sans retenue le sexe pour illustrer sa collection. Lumière crue, couples aussi bien hétéros qu’homosexuels en train de faire l’amour. L’idée pour eux n’est pas de choquer, mais de revenir à l’authenticité et à l’émotion du moment.

Plus d’infos sur Instagram @eckhaus_latta

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BOTTER, l’extravagance Carribéenne
Rushemy Botter, co-fondateur :”C’est super intéressant de voir comment les locaux, qui travaillent au coeur des hôtels resort, s’habillent pour impressionner les touristes qui viennent visiter leur pays.”

1. Botter résulte de l’association de Rushemy Botter, originaire de Curaçao, et de Lisi Herrebrugh, qui grandit au croisement des cultures dominicaines et néerlandaises de ses parents. Ils ont respectivement étudié à l’académie royale des beaux-arts d’Antwerp, et à l’institut de mode d’Amsterdam, et c’est ensemble qu’ils revisitent un prêt-à-porter pour hommes, entre virilité et féminité.
2. Le duo collabore avec Young Thug, qu’ils rencontrent durant VFiles. Le rappeur insiste pour porter quelque chose de leur collection, et tombe finalement amoureux de l’ADN de Botter. Sampha a également fait appel à eux pour l’habiller sur un de ses clips, un look qui se retrouve finalement en couverture de son nouvel album.
3. Les racines carribéennes et néerlandaises de Rushemy interviennent beaucoup au coeur de leurs collections. Pour lui, le fait de dessiner et de créer revient à tenir un journal. Ses propres expériences se reflètent dans ses designs, qui se jouent de l’extravagance des Carribéens et de la mentalité plus terre à terre des Néerlandais.

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CHARLES JEFFREY LOVERBOY, le “night bird” sexy
Charles Jeffrey, créateur :”Les gens se ressemblent tant, je pense que c’est à cause des réseaux sociaux. On devrait tous fabriquer des vêtements nous-mêmes et aller plus au musée.”

1. La première chose à noter au sujet de l’anglais Charles Jeffrey est sûrement sa polyvalence. Il travaille sur de nombreux projets internationaux, pour le magazine LOVE en tant que styliste, directeur de création chez AnOther Man, Buffalo Zine ou CANDY. Il dessine et vend des illustrations grâce à SHOWstudio, puis sort sa première collection Printemps/Éte 2018.
2. Sa marque, Charles Jeffrey LOVERBOY, combine le vêtement à l’univers des boites de nuit, deux milieux qui s’influencent sans cesse et qui l’ont énormément influencé. En effet, en plein dans sa licence de Design de Mode à la Central Saint Martins, il a l’opportunité d’organiser sa soirée d’anniversaire dans la légendaire salle de Vogue Fabrics Dalston à Londres. La soirée marque les esprits et Charles organise de nouvelles soirées, qui lui permettront de financer son master.
3. Stylisme décadent, make up extravagant, pièces colorées, imprimées… Il décrit sa marque non pas en trois mais en deux mots : “Sexy Beast”.

Plus d’infos sur Instagram @_charlesjeffrey

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KWAIDAN EDITIONS, les ténèbres Japonais
Léa Dickely, co-créatrice :”Nous essayons d’élargir notre vocabulaire de manière lente, petit à petit. On a tout quitté pour ça, nous ne sommes pas pressées de nous exposer personnellement“.

1. Hung La et Léa Dickely se rencontrent alors qu’elles étudient à la Royal Academy d’Anvers. Elles travaillent ensemble pendant 14 ans, et développent chacune un CV incroyable. Entre autres noms sur ce CV : Balenciaga sous Nicolas Ghèsquiere, Céline sous Phoebe Philo, Alexander McQueen, Balmain, Rick Owens. Un panel impressionnant, au prix d’un burn out décisif, qui les pousse à parier sur leur propre label en 2016.
2. “Kwaidan” comme “histoires étranges”, sa signification en Japonais. La marque tient son nom d’un film d’horreur japonais réalisé en 1965, les références des deux designers se situant majoritairement dans l’univers du cinéma.
3. Sur le papier, ou plutôt sur le tissu, cela se traduit par de grands manteaux et de longues robes noires en vinyle, un tie-and-dye hypnotique en spirale, des pantalons aux jambes larges. Un mood mystérieux, ténébreux mais également punchy et dynamique.

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LUDOVIC DE SAINT SERNIN, le non-genre
Ludovic de Saint Sernin, fondateur :”La nudité a une place importante dans mon travail tout comme la sexualité. Elle représente la découverte du corps de l’homme.”

1. Ludovic est né à Bruxelles et a grandi en Afrique, avant de revenir habiter à Paris. Il obtient son diplôme de Design de Mode à l’ESAA Duperré puis fait partie de l’équipe de designers de Balmain avant de lancer son propre label en 2017. Il présente sa première collection Printemps-Été 2018 pendant la Fashion Week homme en juin dernier, portée par des garçons, mais tout aussi bien destinée aux femmes.
2. Le créateur twiste les genres en mettant l’accent sur des corps androgynes, et sur la nudité de ses images inspirationnelles. Puisant ses références dans l’univers gracieux du ballet, ou encore à travers Christina Aguilera, et la couverture de son album “Stripper”, l’on comprend vite la direction non-genrée que prennent ses collections.
3. Pour autant, pas question pour lui de définir sa marque comme une marque unisexe. Il n’aime pas ce mot, impersonnel, qui nierait presque la notion de sexe. Un thème qui lui tient à coeur pour créer. Ludovic appuie donc la masculinité de ses créations, sans pour autant nier l’intérêt que le public féminin lui porte. Il le reconnait lui-même, il vend davantage ses collections aux femmes.

Plus d’infos sur Instagram @ludovicdesaintsernin

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MATTHEW ADAMS DOLAN, l’Amérique inclusive
Matthew Adams Dolan, créateur :“Construire une marque, c’est créer un langage visuel reconnaissable au-delà d’un défilé, au-delà des vêtements eux-mêmes, c’est pouvoir définir un monde.

1. Né à Danvers dans le Massachusetts, Matthew Adams Dolan a la bougeotte. Il étudie en Australie, au Japon et en Suisse avant d’obtenir son diplôme à la Parsons School de New-York.
2. A l’heure où le paysage politique américain se noircit, il émane de ses collections une grande positivité. Pour lui, le rêve américain existe encore, et se traduit par la croyance de ses idéaux initiaux : une grande détermination, la promesse du succès et de la prospérité. Matthew s’accroche de manière optimiste à l’espoir d’une reprise du pouvoir en faveur des identités propres à chacun.
3. C’est quoi être américain aujourd’hui ? Sa réponse dans le vêtement se traduit par la revisite du style preppy et sportswear traditionnel, en un vêtement inclusif, reflétant l’ouverture d’esprit de sa génération. Le tout à travers le denim et sa signification profonde, de son statut de vêtement de travail à sa présence en masse dans la pop culture des années 90.

Plus d’infos sur Instagram @matthewadamsdolan

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ROKH, l’adolescence primaire
Rok Hwang, fondateur :”ROKH reflète la jeunesse et ses conflits perpétuels. La fragilité, le doute, l’expérimentation, le côté brut.

1. Rok Hwang est originaire de Corée du Sud, il grandit au Texas et, après avoir lu un article sur la Central Saint Martins, il fait ses valises pour aller y étudier, dans les pas de McQueen et Christopher Kane. Il est diplômé en 2010, et travaille rapidement en freelance pour Louis Vuitton et Chloé. Il accomplit ensuite un de ses rêves en entrant chez Céline, aux côtés de Phoebe Philo.
2. Ce qu’il cherche à mettre en lumière à travers ses collections, c’est la période de l’adolescence. L’entrée dans le monde adulte n’est jamais une mince affaire, ce passage se fait parfois dans la souffrance, dans un conflit perpétuel, dans l’espoir de se trouver.
3. Les vêtements qu’il dessine ressemblent à ce qu’un ado pourrait porter, après avoir farfouillé dans le placard très chic de sa mère, et s’être approprié des pièces, les avoir reconstruites à sa manière. Des plaids oversize recoupés, une palette neutre, des couleurs primaires évoquant la force d’une certaine insouciance.

Plus d’infos sur Instagram @rokhofficial

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